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                           LETTRE (i)

              DU DUC D'ORLÉANS A M. LA CLOS;

                           Officier d'artillerie.




   Pour que la subtilité de votre esprit, si notre opération ne
réussit pas , ne puisse plus m'embarasser dans mille sophismes ,
Agnès (2) a exigé de moi, que je vous écrivisse, afin que, je n'aie
rien à me reprocher. C'est la dernière tentative que vous
obtiendrés de moi, tous tant que vous êtes, si celleci manque.
Ainsi, prenez bien vos mesures, que rien ne vous arrête, et si
tout va bien, expédiés moi lettre sur lettre, et n'épargnés point
les détails. Les 800,000 livres envoyées à Marseille ont fait leur
effet, et bientôt les forts seront démolis. Il est bien étonnant
que mon argent fasse en Province ce qu'il ne fait pas à Paris,
où j'ai pour moi tous les gens de lettre et leurs suppôts, et cette
multitude de coquins soudoyés, qui ne vivent depuis plus d'un
an que de mes subsides. Je soupçonne la fidélité de mes agents
subalternes : dites à Biron de veiller à cela. Il faut, mon cher
Amte, qu'on ignore le plus qu'on pourra votre arrivée à Paris.Voyes


   (1) La pièce ci-jointe est déposée aux archives de l'Archevêché de
Lyon. C'est la copie authentique d'une lettre adressée par Philippe
d'Orléans à M. Chanderlot, officier d'artillerie, que dans l'ancien régime
on appelait La Clos, et que le duc désigne sous le nom d'Acatc. Cette
lettre s'est trouvée parmi les papiers saisis à Dumourier, lorsqu'il dé-
serta chez les Autrichiens; elle est signée et paraphée par les représen-
tants du peuple qui se sont rendus maîtres de ce portefeuille ; elle est
au dépôt de cet ancien Comité.
   (2) Madame de Buffan.