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38(1 L'INSTITUT
météore, pour annoncer la découverte d'inscriptions ou de
fossiles, pour faire des statistiques en un rayon limité, il
n'est besoin que d'hommes de bonne volonté et non de sa-
vants du premier ordre. Les sociétés exciteraient et récom-
penseraient leur zèle par des mentions dans les séances
publiques, par des insertions dans leurs mémoires, et même,
si elles pouvaient, par des jetons et des médailles ?
11 faudrait, je crois, des millions a l'Institut, dans l'intérêt de
la science, pour provoquer et récompenser toutes les décou-
vertes, pour pousser à bout toutes les grandes expériences.
Mais, dans ce même intérêt, ne faudrait-ilpas aussi une modeste
subvention de quelques milliers de francs, au moins pour
les sociétés les plus considérables de la province ? Que de
bien ne pourraient-elles pas faire avec un peu d'argent; soit
en décernant des récompenses a leurs meilleurs corres-
pondants, soit en encourageant, dans leur ressort, les bons
ouvrages, les perfectionnements, les découvertes, soit en
étendant leurs recherches et leurs publications. Quel antre
moyen d'empêcher la concentration a Paris de toute la vie
intellectuelle de la France?
Ce vœu s'adresse à un gouvernement digne de l'entendre.
L'Empereur qui fondait, il y deux ans, pour le plus bel ou-
vrage ou la plus belle découverte, ce prix extraordinaire de
30,000fr. décerné, l'année dernière, par l'Institut, sait mieux
qu'aucun autre souverain du monde, que les dépenses pour
les sciences et pour les lettres sont des dépenses de grande
utilité publique, des dépenses vraiment royales, opéra verc
basilica, comme dit Bacon.
Mais en quoi consisteraient ces relations de l'Institut avec
les académies affiliées, de la province ? Elles seraient très-
simples et de nature, je le répète, a ne porter aucune atteinte
a leur indépendance et a leur libre initiative. Avant d'aller
plus loin , pour prévenir des objections nous devons faire