Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
                          BIBLIOGRAPHIE.                      253
          Ma treille est toujours lourde et belle,
          Et mon chalet, Dieu le bénit,
          Car, chaque printemps, l'hirondelle
         Vient, pour sa famille nouvelle,
          A mon toit suspendre son nid.
          0 qu'il m'est doux, antiques chênes,
         Sous votre ombre de m'egarer !
         Zéphirs aux suaves haleines,
         Fraîcheur des bois et des fontaines
         Qu'il m'est doux de vous respirer !
         Je renais et mon cœur s'épure :
         Enfin, j'ai trouvé d'heureux jours.
         Que ne puis-je, aimable nature,
         Champs dorés, bois touffus, verdure
         Ainsi vous contempler toujours !
         0 Revonnas ! mon beau village,
         Exil que j'ai tant envié,
         Je viendrai, sauvé du naufrage,
         Vieillir sous ton ciel sans orage,
         Y mourir du ciel oublié.
   La pièce tout entière est faite de'main de maître, mais surtout
rien n'est suave comme cette délicieuse strophe :
        A ma porte est un banc de mousse
         Où tout voyageur peut s'asseoir,
   Il y a là une charmante image de l'hospitalité.
        Où le mendiant qu'on repousse
       Trouve une parole plus douce
        Et partage mon pain du soir.
   Ces trois derniers vers, cette dernière pensée sont tout ce
qu'on peut voir de plus fin, de plus calme, de mieux senti ; c'est
la révélation d'un poète qui'n'a plus qu'à vouloir pour se faire
une place brillante et enviée.
   Les cordes douces et charmantes de mélodie ne sont pas les
seules de l'instrument de M. Barbier. 11 a aussi des cordes puis-
santes dont Usait tirer des sons vibrants et guerriers. Le Vaincu
de Corinthe a une énergie qui contraste avec les stances que
nous venons de citer. Cette pièce a réellement une mâle beauté.
Le monde était en feu ; Rome, jeune et puissante,
Portait dans l'univers sa valeur triomphante ;
Son bras avait brisé le trône de vingt rois,
Et vingt peuples tremblaient sous son joug et ses lois.
De combat en combat, de victoire en victoire,
Traçant avec l'épée une immortelle histoire,
De tout peuple vaincu cette hère cité