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204 ARMOIRIES DE VIENNE EN DAUPHINÈ.
calice et l'hostie n'étaient point encore le complément indis-
pensable de l'ancienne et unique pièce des armoiries de
Vienne. Chaque confrérie prenait la même liberté, et l'orme
ouvrait ses rameaux hospitaliers à toutes les figures, à tous
les symboles qu'il plaisait a une pieuse fantaisie de choisir.
M. Victor Teste nous en fournit la preuve manifeste par la
description d'une petite médaille portative, trouvée sur le
sol de Vienne et qui paraît avoir été frappée au XVIe siècle,
pour servir de marque distinctive aux membres de l'une des
trente-deux confréries dont nous avons parlé. « Sur le champ
figure un ostensoir de forme antique avec la sainte hostie,
et aux côtés duquel sont en adoration deux anges à la tête
nimbée. Sur le revers est un arbre arraché et dans ses
branchages la Vierge tenant l'Enfant Jésus (1). » Il est donc
positif, comme le fait remarquer M. Teste, que si l'orme
était le type consacré, il n'en était pas de même des acces-
soires que chaque dévotion particulière était libre de varier.
Ce ne fut que beaucoup plus tard, sur la fin du XVIIe siècle,
que le calice et l'hostie passèrent a l'état de figures héral-
diques et devinrent pièces inhérentes au blason de Vienne.
Le nom et les souvenirs que rappelait la paroisse de
l'orme avaient disparu avec l'église de Saint-Pierre-entre-
Juifs, ruinée par les protestants en 1562 et démolie en 1587.
Le service paroissial avait été transféré dans l'église de
Saint-André-le-Bas, et la paroisse de l'orme était devenue
la paroisse de Saint-André. Une partie de la place même
avait été envahie par les maisons, et ce qui en restait n'était
plus connu que sous la dénomination barbare de place du
Piastre. Tout conspirait a dévouer à l'oubli l'orme du vieux
temps et à mettre en relief celui que la Confrérie du Corps
de Dieu avait façonné à son usage.
(1) Sur les Armoiries de la ville de Vienne, article de M. Victor Teste.
{Moniteur Viennois (lu 3 ocl. 1856).