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DANS LE SAHARA. 97
Vers les distances infinies
Vous porteront comme les vents I
Et les peuples, en caravanes
Venus de tous les points divers,
Malgré les monts et les savanes,
S'arrêteront sous vos platanes
En semant l'or dans vos déserts.
De votre tente hospitalière
Vous verrez tressaillir ce fil,
Lien d'amour ceignant la terre,
Qui murmure, dans le mystère,
Ce que la Seine dit au Nil.
Et, colombe sûre et dressée,
L'éclair, devenu messager,
Ira porter votre pensée
A la fidèle fiancée
Qui de loin songe à l'étranger.
Qui pourrait peindre chaque chose
Que l'avenir vous garde encor !
Dans vos déserts que l'onde arrose,
Les buissons porteront la rose,
Et les sables, des gerbes d'or!
Tout vient d'Allah, le Dieu de notre grand prophète !
Qu'à son nom le croyant tremble et courbe la tête,
Qui seul est Dieu ! lui seul de force est revêtu !
Mais, hélas! malgré moi, dans mon âme troublée,
En voyant de l'Islam la famille accablée,
J'ai dit : Prophète, où donc es-tu?
Pourquoi le grand colosse, effroi des infidèles,
Qui du Tage à l'Indus étendait ses deux ailes,
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