Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
96                  I.F. PREMIER PUITS ARTÉSIEN

tant eu raison de leurs mérites particuliers que de la force
du concours.
    Un proverbe arabe : Les Francs sont des démons à qui
Dieu permet tout, est l'épigraphe du n° 5, épigraphe d'une
heureuse application, car l'auteur met en scène Abdel Kader
rendant hommage au génie de la France, saluant, à la nou-
velle de l'eau qui jaillit dans le Sahara, les grandes merveilles
dont notre civilisation va doter sa patrie, enfin doutant a ce
signe des destinées de l'Islam et interrogeant avec inquiétude
le prophète. La donnée est poétique malgré son invraisem-
blance, le vers facile, ingénieux, l'inspiration est triste et
 serait vraie pour tout autre personnage. On voudrait plus
 de largeur et de variété dans la mise en scène, et parfois
 plus de vigueur dans le ton, surtout celui des strophes du
 début; on aimerait aussi que l'émir parlât d'une voix plus
 guerrière et mêlât des notes plus mâles a ses soupirs et
 a ses pleurs. En revanche la peinture de l'oasis, abandonné
 et retrouvé, mériterait d'être citée tout entière. L'émir
 félicite les enfants de sa patrie ; ils ont, dit-il, maintenant:
     Les deux plus sûrs trésors qu'Allah mit sur le globe,
     L'humidité d'un fleuve et les feux du soleil.

     11 prédit ainsi les merveilles dont ils seront témoins :
       Vous n'aviez que le dromadaire
       Ou les chamelles aux pas lourds,
       Pour aller, au marché du Caire,
       A l'épouse qui vous est chère
       Chercher la soie ou le velours,
       etc

       Mais le Franc, de ses mains bénies,
       Vous forgera des chars vivants,
       Qui, plus puissants que les génies,