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                        DANS LE SAHARA.                        J

 Mais, des sables sorti, tu rentras dans les sables,
 Et les fils de Japhet, peuple prédestiné,
 Après quatre mille ans, te voient toi, leur aine,
 Recommencer encor tes éternelles courses
 Dans le même désert et boire aux mêmes sources.

    Ismaël aujourd'hui attend l'ange qui ne vient pas, mais si,
 dit le poète,
    Mais si, l'ange viendra, l'ange est déjà venu.
   La science de l'ingénieur français fera jaillir la source et
transformera le désert africain. Déjà l'on entrevoit l'abon-
dance et la richesse promise ; un Esprit—pourquoi un Esprit ?
prédit un avenir magnifique. Disait-il vrai? Qui sait?

Peut-être la nature est plus forte que l'homme,
Peut-être sur ce sol déjà foulé par Rome
Les sables prévaudront. Quand le grain est semé,
L'oiseau du ciel le mange avant qu'il ait germé ;
Le vent abat l'épi. Rome devient Byzance,
Mais moi, son fils, j'ai foi dans l'œuvre de la France.

    L'académie a regretté qu'une pièce qui renferme de si
 beaux vers péchât par des défauts de composition, et par
 des images forcées, qu'Ismaël par exemple y fût représenté
 couché sur le fumier de la fatalité. Mais elle a voulu montrer
 aux auteurs des morceaux que je cite, qu'elle sait apprécier
 leurs efforts, et au public que ce concours n'a pas été stérile,
 que le goût des vers n'a pas disparu, et que le souffle
poétique n'est pas éteint.
   Trois pièces, remarquables par des qualités du même
 genre, mais surtout par un plus grand soin des détails et
par l'unité de la composition, méritaient d'être distinguées ,
l'Académie, en regrettant de ne pouvoir donner le prix a
aucune d'elles, les a pourtant jugées digues de trois médailles,