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BIOGRAPHIE D'HUMBERT II. 237 de Vienne, de Gap, de Die et d'Embrun, parce que le Dauphin n'y avait qu'une part de juridiction. Il fut expressément stipulé que le donataire porterait le titre de Dauphin, qu'il prendrait les armes du Dauphine écartelées avec celles de France, et qu'il maintiendrait intacts tous les privilèges de la province. Philippe de Valois promettait de payer à Humbert 120,000 flo- rins d'or, et 10,000 livres de rente annuelle pris sur le trésor royal. Ces écrits n'étaient que des promesses, et Philippe de Valois, pour engager d'une manière irrévocable le Dauphin Humbert vint à Sainte-Colombe, près Vienne, pour terminer cette affaire d'une manière définitive. Il eut soin préalablement de faire jurer fidélité à la couronne de France à tous les gouverneurs des pays cédés. Mais toutes ces dispositions échouèrent, quoique le traité eût été confirmé de nouveau entre les deux souverains, et que le roi eût déjà avancé des sommes d'argent. Dans ce temps-là , le pape s'était mis en tête de faire prêcher une croisade contre les Infidèles. A sa voix, Lusignan, roi de Chypre, le doge de Venise, le grand-maître de Rhodes et beaucoup de chevaliers italiens prirent la croix. Le dauphin Humbert se jeta avec ardeur dans ce projet, et malgré les conseils de ses officiers et même de son confesseur, une fois il demeura ferme dans ses résolutions, (1345) et la cession du Dauphine fut ajournée. Alors il envoya au pape des ambassadeurs pour se proposer comme chef de la croisade , s'obligeant, si on lui accordait ce titre, à mener avec lui en guerre trois cents hommes d'armes, mille arbalétriers, douze bannerets et cent chevaliers. De plus, il promettait de fournir cinq vaisseaux tout équippés, qu'il entre- tiendrait pendant la durée de l'expédition, au prix de 650 florins chacun par mois. Les cardinaux connaissant l'incapacité d'Humbert, s'opposèrent à ce qu'on le choisît pour général de l'armée chrétienne, mais le pape fit valoir l'avantage de ses offres, et sa voix prévalut.