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238                 BIOGRAPHIE D'HUMBEKT II.

   Quand le duc Humbert apprit cette bonne nouvelle, il ressentit
une joie extrême. Dès lors, il ne pensa plus qu'à sa croisade, à
la Grèce, à la gloire qu'il allait acquérir.
   Humbert partit pour Avignon. Il reçut solennellement l'étendard
de l'Eglise, et le fit porter en procession, le jour de la Fête-Dieu,
à côté du sien.
   Sa vanité était satisfaite, mais sa folie apparut lorsqu'il fallut
se procurer de l'argent.
   Il vendit des terres ; cela produisit peu : alors il fit publier
un édit dans toute l'étendue de son duché, pour engager les villes
et les paroisses à acheter à prix d'argent les privilèges qui fai-
saient l'objet de leurs désirs, promettant de tout accorder
moyennant des subsides modérés. Il fit plus encore, il imposa
des taxes à tous ses chevaliers, à tous ses vassaux, et engagea
les maisons religieuses à contribuer pour leur part. Les Juifs
furent chassés du Dauphiné, puis rappelés moyennant rançon.
Ce fut Henry de Villars, archevêque de Lyon, confident du duc,
qui fut chargé du gouvernement de ses États pendant son absence,
et du soin de lui faire parvenir tout l'argent qu'il pourrait.
   Enfin Humbert partit de Marseille, où il avait armé douze
galères à ses frais. Son vaisseau était magnifiquement équipé,
la poupe était chargée de croix et d'ornements d'orfèvrerie. Il fit
embarquer avec lui douze Chartreux et deux frères converts, dans
le but de se prémunir par leurs prières contre les flèches des
Infidèles. Marie de Baux, sa femme, ne voulut pas se séparer
de son mari ; elle le suivit dans ce voyage. Mais cette excellente
princesse périt victime des fatigues de la mer. Elle mourut à
Rhodes. Son corps fut transporté à Marseille, et inhumé dans
le couvent des Cordeliers de cette ville.
   La Croisade d'Humbert fut sans résultat : après un faible combat
à Smyrnc, où les Chrétiens furent vainqueurs, et quelques légères
expéditions sans importance, le clergé refusa de payer de nou-
veaux subsides. Le roi de France et ceux de la chrétienté à qui
le pape s'adressa avaient d'autres affaires sur les bras ; de sorte
que le Saint-Père fut forcé d'abandonner son projet. Il ordonna
à Humbert de faire une trêve avec les Infidèles, et le déchargea