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236 BIOGRAPHIE D'HUMBËKT II. Chaque année, le Dauphin fournissait deux habits à tous ses gens, un pour l'hiver, l'autre pour l'été. La dépense pour leurs gages et cette fourniture s'élevaient à 3,163 florins 4 gros, chaque année. Le florin valait 6 livres 8 sols. La cérémonie du couron- nement de Benoît XII décida le Dauphin à faire un troisième voyage à Avignon. Avant son départ, il fit deux ordonnances importantes. La première réglait le poids et la valeur des mon- naies fabriquées dans ses États ; l'autre était une renonciation pour lui et ses successeurs au droit de main-morte ou d'héri- tage de ses vassaux qui mouraient sans enfants. Les fêtes d'Avignon furent brillantes : il s'y était rendu un grand nombre de seigneurs de toutes les parties de la chrétienté. Le Dauphin y rencontra le duc de Normandie, fils de Philippe de Valois. Ces deux seigneurs s'étaient vus à Paris, à la cour de France. Il régnait une sorte d'amitié entre eux, et, dans une causerie intime, le Dauphin avoua ses embarras financiers et le désir qu'il avait de quitter le monde et d'entrer en religion. Aussitôt que le dessein du souverain du Dauphiné fut connu, il donna l'éveil à l'ambition du pape et de plusieurs puissants personnages de la chrétienté, qui pensèrent à se faire adjuger ce beau domaine. Mais la négociation du duc de Normandie, secondée par son père Philippe de Valois, avait toutes les chances de succès, car elle s'appuyait sur des sommes d'argent très-considérables, qu'on promettait au Dauphin, soit pour payer ses dettes, soit pour lui assurer un train digne de sa naissance pendant toute sa vie. La cession du Dauphiné à la France fut faite à Avignon et sous la médiation du pape, dans un acte passé le 22 avril 1343. Il fut arrêté que le Dauphin céderait à Jean, duc de Normandie et héritier du trône de France, le duché de Champsaur, la prin- cipauté du Briançonnais, le marquisat de Césane, les comtés de Vienne, d'Albon, de Graisivaudan, d'Embrun, de Gap ; les ba- ronies de La Tour, de Valbonne, de Faucignv, de Meullan , de Montauban et autres fiefs. Mais on ne comprit pas dans celte cession les villes de Valence,