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                    BIOGRAPHIE D'HUHBERT II.                    23H
partie de l'accomplissement de son v Å“ u , car Humbert avait
promis à Dieu de fonder des couvents jusqu'à ce qu'il eût pourvu
à l'entretien de trois cents religieux.
   L'archevêque de Vienne railla le procès du Dauphin dans un
placard injurieux , peut-être même excita-t-il secrètement les
gens de Romans à faire des courses sur les terres du Dauphin,
et à venir arracher les piliers de la justice ducale. Le duc, au
printemps, marcha pour venger cet affront, et rendit aux bour-
geois de Romans les ravages et les incendies qu'ils avaient fait
endurer à ses vassaux. Il vint mettre le siège devant la ville,
laquelle n'ayant pas assez de forces pour résister, fut contrainte
à se rendre, et fut cruellement rançonnée, en 1342,
   Depuis quelque temps le Dauphin devenait d'un esprit sombre
et mélancolique ; ses pensées se tournaient vers l'état religieux ;
il souhaitait d'entrer en religion. La mort de son fils unique, le
mauvais succès de ses affaires, ses dettes qui s'accroissaient tou-
jours le portaient à la tristesse et le rendaient quelquefois d'un
caractère fantasque. Ainsi il s'abandonna pendant quelque temps
à l'étude de l'astrologie et de la médecine. Il conçut le projet
d'entretenir soixante chanoines dans l'église de Saint-André de
Grenoble , et promit pour ce sujet 2,000 florins d'or. Bientôt
après il se dédit de sa parole, et fut obligé de payer à cette église
120 florins, en dédommagement de sa promesse inconsidérée.
Enfin il se fit suivre partout par douze aumôniers à cheval, et
trouvant que la monture lui occasionnait trop de dépenses, il
fit vendre les chevaux de ses aumôniers pour leur donner des
ânes.
  Au milieu de tous ces projets inutiles, souvent même inconsi-
dérés, le Dauphin avait la prétention de mettre de l'ordre dans
ses dépenses. Il avait par un édit réglé la tenue de sa maison,
de sa table, des gages et de la livrée de ses officiers. Nous
voyons par ce règlement que le duc entretenait chez lui quatre
tables par jour. Il mangeait à la première avec les comtes, les
barons et les bannerets. Les chevaliers et les principaux officiers
mangeaient à la seconde ; les aumôniers et les écuyers des sei-
gneurs à la troisième; et enfin les bas-officiers à la quatrième.