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LE REVEIL. La brise, douce messagère, Apporte de vagues senteurs. Je sens passer sur mon visage, Comme ces errants matelots, Un vent qu'apporte du rivage L'escadron voyageur des flots. Parfum d'une terre promise, Dont la rive n'est point permise Et dont l'œil cherche en vain le port : Qui vous sourit et vous appelle, Et qui disparaît, la cruelle, Alors qu'on approche du bord. Oh ? rendez-moi les nuits sereines Qui fermaient doucement mes yeux, Sur mon front, versant à mains pleines L'urne d'or des songes joyeux ! Rendez-moi mes belles journées Qui se succédaient couronnées De l'éclat d'un brillant soleil, Avant cette obscure science Qui, de ma douce insouciance, A troublé le calme sommeil ! Cet étranger qui dans ma voie Se trouve tout à coup jeté, Annonce-t-il de qui l'envoie, La colère ou bien la bonté ? Tout vent qui souffle le promène, Tout rayon qui passe l'amène, Tout écho redit ses accents ; Brises, lueurs, tout le révèle, Le nomme, et chaque heure nouvelle Ajoute au trouble de mes sens.