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ÉTUDE SUR FRAYSS1N0US. H
lui venir d'en haut, et que l'avenir ne pouvait se fonder sur
les vastes ruines amoncelées par les vices et l'incrédulité du
siècle expirant. Bonaparte renoua donc, en 1801, avec le
Saint-Siège par un concordat solennel. Ce fut bien son pro-
pre ouvrage ; par 15 se trouvait heureusement résolue la
grave difficulté qui pesait alors sur l'exercice de la religion.
Seulement, il est regrettable pour la gloire du grand homme
et pour le bonheur de l'Eglise, qu'il ait altéré la portée de
ce traité par des additions qui n'étaient que des entraves
dangereuses et un sacrifice aux vieilles rancunes des parle-
mentaires.
Frayssinous a retracé, dans des noies que l'on nous a
conservées (1), les plus minutieux détails de l'imposant spec-
tacle que présentèrent, le 18 avril 1802, jour de la fête de Pâ-
ques, les vastes nefs de Notre-Dame-de-Paris, quand le premier
Consul vint renouer avec le ciel, sous les yeux des repré-
sentants de l'Europe entière , une alliance qui n'aurait dû
jamais être rompue.
La cause sainte à laquelle Bonaparte , dans une mé-
morable journée, avait donné des gages si éclatants, fut ad-
mirablement servie par la publication d'un livre qui est resté
jusqu'à présent l'œuvre littéraire la plus éminente et la plus
originale qu'ait enfantée le XIXe siècle.
Chateaubriand imprimait, en 1802, le Génie du Chris-
tianisme.
Il entre dans les destinées de l'Église d'avoir de perpé-
tuels combats à soutenir, et de voir, à chaque époque de son
immortelle existence, changer la nature des armes que l'on
tourne contre elle. Quand l'ennemi est refoulé sur un point,
il se jette aussitôt vers un autre, en sorte qu'il n'est pas de
repos ni de sécurité pour la sublime dépositaire de la parole
:'l) HenrioD, Vie de M. Froysshious-, tom, t. p 28