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12 ÉTUDE SUH FRAYSSINOUS, de Dieu, Mais si les aggressions tâchent de se rajeunir à mesure qu'elles renaissent, la défense n'est pas moins habile à leur faire face et à comprendre sa mission, comme on le voit abondamment par l'imposant ensemble des écrits apo- logétiques, depuis saint Justin et le docte prêtre Tertullien, jusqu'à Bossuet et à Lacordaire. On a très-injustement acccusé le clergé du dernier siècle d'avoir manqué à ses devoirs, dans cette partie, et de n'avoir pas su défendre le Christianisme contre les attaques réitérées de l'incrédulité. Sans doute, le clergé ne compta pas des écrivains aussi habiles ni aussi renommés que Montesquieu, que Voltaire, que Rousseau : l'Eglise n'a pas positivement pour but de donner au monde des écrivains; mais cependant, le clergé ne laisa passer aucune erreur sans la démasquer, aucun mensonge sans le flétrir hardiment. On ne saurait dire, pour nous borner à deux apologistes des plus remar- quables, que l'abbé Bergier manquât de science théologique et de zèle, ni que l'abbé Guônée fût dépourvu de solidité et d'esprit ; le malin secrétaire des Juifs déconcertait sin- gulièrement Voltaire, bouffon de génie qui ne recula devant aucune turpitude, et ne savait répondre à des adversaires sérieux que par des tlots d'injures grossières et déshonorantes pour lui. Qu'avaient donc trouvé de si nouveau tous ces fiers ennemis de l'Eglise? Que disaient-ils qui déjà n'eût été dit par les moindres routiers de l'incrédulité, et réfuté dans d'au- tres livres et à d'autres époques ? Que resle-t-il de leurs objections retentissantes, qui ne soit tombé dans le décri et le néant? De quel dogme de l'Eglise ont-ils triomphé? Avec toute la puissance de leur style et de leur imagination, ils ont même été confondus par la marche seule des années, et vaincus par leurs faibles antagonistes. Nous assistons, en effet, à d'autres luttes, nous sommes aux prises avec d'autres systèmes, cl-les incrédules d'aujourd'hui se sont mis en quête