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ans, —la délinquante a été bien LE BOURGUEMESTRE.
gardée, — Dieu merci, elle vit II écrit des œuvres poétiques.
encore.— Nous gagnons notre
M. STAAR.
procès, et demain nous la met-
tons au carcan. C'est parler comme je pensais.
SABINE. LE BOURGUEMESTRE.
Mon père, la coupable n'est En un mot, je l'ai choisi pour
presque pas plus malheureuse mon gendre, et il ne peut y avoir
que moi. lieu à aucune exception dila-
toire.
LE BOURGMESTRE.
SABINE, Ã part.
Comment cela ?
Hélas ! tout est conjuré contre
SABINE.
moi !
Lorsqu'elle aura subi sa peine
elle sera libre. Moi, je ne suis
pas coupable, et demain je por- SCÈNE VIII.
terai des chaînes éternelles. LESPRÉCÉDENTS, UNE SERVANTE.
LE BOUBGMESTBE. LA SERVANTE.
Sois tranquille, mon enfant. Un paysan vient d'apporter
La divinité payenne, Amour ou une lettre; le monsieur qui l'a en-
Hyménée, ne forge que des chaî- voyée est là bas dans la carrière
nes de fleurs. où il maugrée à son aise. Il a bri-
SABINE. sé sa voiture, et, je Crois aussi,
une de ses jambes.
Hélas! elles ne meurtrissent
que trop souvent le cœur. LE BOURGUEMESTRE.
Depuis que je suis bourgue-
LE BOURGMESTRE.
mestre et doyen des anciens,
Monsieur le substitut de l'ins- chaque semaine, Dieu merci !
pecteur des ponts et chaussées, un voyageur verse sur notre
Sperling est un personnage dans route.
cette ville.
MADAME STAAR.
MADAME STAAE.
Pourquoi donc l'illustre Con-
C'est ce que je lui ai dit. seil ne fait-il pas réparer les che-
LE BOURGMESTRE. mins ?
Il ne manque point de judi- LE BOURGUEMESTRE.
ciaire. Et que deviendraient nos for-
M. STAAR. gerons et nos carossiers qui vi-
vent de ces accidents P
C'est ce que je lui ai dit.
SABINE.
LE BOURGUEMESTRE.
Il a de la fortune. Mais, mon père ! les voyageurs
se plaignent hautement, et il faut
MADAME STAAR. encore qu'ils payent les droits de
Ce sont mes paroles. barrière.