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LE BOURGUEMESTRE. M. STAAR.
Qu'ils se plaignent et qu'ils Alors il peut le lire par passe-
payent. Que diront nos voya- temps.
geurs lorsqu'ils verront que le LE PAYSAN.
pavé de notre bonne ville de
Krœhwinkel est encore pire que Oh ! pour les livres , il en a
la grande route ? beaucoup ! mais tout salis, com-
me ses habits. Et c'est possible
SABINE. qu'il n'ait pas osé paraître de-
Et nous avons un impôt du pa- vant votre seigneurie.
vage. LE BOUKGUEMESTRE.
LE BOUKGUEMESTRE. Que me veut-il ?
C'est précisément pour cela. LE PAYSAN.
—Nous nous cassons aussi les
jambes et nous ne nous plaignons Il m'a donné un demi-florin,
pas. Mais où est la lettre ? pour vous apporter cette lettre
et l'annoncer en même-temps.
LA SERVANTE, ouvrant la porte. MADAME STAAR.
Entrez, brave homme ! (elle Peut-être vient-il à la fête de
sort). demain.
SABINE, Ã part.
SCÈNE I X . Ou peut-être.... Oh ! comme
le cœur me bat !
UN PAYSAN , LES PRÉCÉDENTS.
LE BOURGUEMESTRE , OUVrant
LE PAYSAN.
la lettre.
Avec la permission de votre
Comment ? quoi ! de son ex-
seigneurie. LÃ bas, un monsieur
cellence, le premier ministre ! le
est tombé dans la carrière. Ce
puissant protecteur et patron de
doit être un grand personnage ,
notre ville ! — qu'on se taise !
car sa voiture a des lanternes qui
sont toutes brisées. — qu'on admire ! — qu'on écou-
te ! — (Il lit.) « Mon cher bour-
LE BOURGUEiTIESTRE. guemestre, » — Eh ! oui, son
Les bras et les jambes aussi ? excellence m'a toujours aimé.
LE PAYSAN.
— « le porteur de cette lettre,
mon ancien compagnon de col-
Ils sont, pour cette fois, in- lège et d'université , M. 01-
tacts. Le nez seulement est écor- mers »
ché.
SABINE, Ã part.
LE BOUKGUEMESTRE.
C'est lui !
Mais la voiture ?
MADAME STAAR.
LE PAYSAN.
Monsieur Olmers tout court?
Elle fait peine à voir. Une roue l'ami du ministre?
est en l'air, précisément à la
LE BOURGUEMESTRE.
hauteur du tableau des droits de
barrière. Silence ! (Il lit.) « a entendu