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n'aimeriez pas tant la douceur et la simplicité des jeunes filles 1
« Plus suave que le parfum le plus exquis, dit le prophète,
« ton nom est comme une huile répandue : c'est pourquoi les
« jeunes filles ont cherché ton amour. » L'homme, disait
Platon, ne veut jamais autre chose que le bien suprême, et il
ne s'écarte de lui que faute de le connaître. Quelle grande
vérité ! celui qui ne connaît pas Dieu, ne l'aime pas.


   Et vous tous que j'invoquais tout à l'heure, Âbailard, Paul,
Werther, Harold, Oswald, René, vous qui fûtes si avides
d'amour que vous vîntes en recueillir quelques gouttes sui-
des lèvres mortelles, comment avez-vous fait de ne pas vous
approcher de la grande coupe ? Je crois que vous n'avez point
connu les délices de l'amour ! Diles-moi, était-il assezprofond
pour vousyperdre, assez enivrant pour vous y oublier, assez
doux pour n'en vouloir jamais d'autre, assez infini pour n'en
trouver ni la fin ni les bornes? Dites? s'il n'était pas tel,
vous n'avez point connu l'amour. Vous tous qui aimez ainsi,
vous faites bien voir que votre cœur s'amuse encore à des
enfantillages : l'amour platonique n'est que l'enfantillage du
cœur. Grandissez vite ! Lorsque vous aurez atteint la puberté
spirituelle, que vous aurez rougi pour la première fois sous
le baiser de Dieu, vous nous direz si jusque-là vous saviez
ce que c'est que l'amour !
    Ah ! si Dieu vous apparaissait, vous quitteriez et votre père,
 et votre amie, et votre frère ; vous diriez : Mais c'est vous que
j'ai toujours aimé dans mon père, dans mon amie, et dans mon
 frère ! Et votre cœur embrasé ne voudrait plus solliciter
 d'autres faveurs que celles de la beauté souveraine. Mais la
 Divinité ne peut nous apparaître telle qu'elle est, parce que
 ses charmes séduiraient si irrésistiblement nos cœurs que
 notre liberté en serait brisée, nous n'aurions aucun mérite Ã