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  par ses trésors dans le sein du sénat, que par ses soldats en
  Numidie; souvenons-nous de ce Catilina et de ses projets san-
  guinaires, ourdis dans les ténèbres d'une vie infâme; souve-
  nons-nous de cette Rome vénale, furieuse et obscène, dont le
  tableau nous a été laissé par un homme souillé lui-même de
  vices et gorgé de rapines. Voilà ce qui a précédé la naissance
  de Virgile et celle d'Auguste. Souvenons-nous aussi de ce
  qui suivit leur mort, de ce débordement inoui de cruautés et
  d'impuretés, de ces démences effrénées du despotisme et de
 la débauche dont Thraséas fut le martyr, Suétone le chro-
 niqueur, Tacite l'inexorable juge. Remettons-nous sous les
 yeux, non pas la dureté de Tibère, les folies de Caligula,
 la féroce ignominie de Néron, qui semblent avoir épuisé
 l'horreur et le mépris du genre humain, mais les mons-
 truosités du luxe de cette époque, les palais aussi vastes que
 des villes, les jardins qui contenaient un abrégé du monde
 entier, les viviers où l'on entassait par milliers les poissons
 de toutes les eaux ; les cirques où l'on déchaînait les ani-
 maux de toutes les parties connues du globe ; les amphithéâ-
 tres gigantesques où l'on mettait aux prises le troupeau des
hommes avec celui des bêtes, toutes ces fantaisies énormes,
farouches, signe de la plus effroyable dépravation qui ait
jamais déshonoré notre espèce. Ce qu'on faisait encore avec
quelque discrétion au temps de Jugurtha, ce que Cati-
lina rêvait dans l'ombre, éclata tout ensemble et s'étala au
grand jour sous les successeurs d'Auguste. L'égoût rompit les
digues, les voûtes, les murs qui le contenaient ; il inonda la
ville éternelle de sa fange, de sa pourriture, de son infection.
    Entre ces deux époques, quel fut le rôle du second César?
Octave participa à toutes les barbaries, à toutes les hontes
qui le précédèrent et qui le suivirent ; Auguste y voulut met-
tre un terme, et y lit du moins un interrègne de modération
et de pudeur. Jules César se rendit illustre autant par la