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   mauvaise renommée de ses mœurs que par la splendeur de
   sa fortune ; durant toute sa jeunesse, Octave imita plus les
   vices que le génie de son oncle. Pour ne point parler de ce
   qui précéda, marié à Claudia, belle-fille d'Antoine, il la
  délaissa pour s'abandonner à Fulvia, la mère de sa femme;
  il contracta un second mariage avec Scribonia, dont la ré-
  putation semblait n'avoir plus rien à perdre, et qu'il fut
  forcé de répudier; aussitôt il enleva, quoique enceinte, Livia
  Drusilla, femme de Tibère, son fils adoptif. De Scribonia,
  il eut cette fameuse Julia , qui prenait pour témoins de ses
  incestes et de ses adultères, non seulement la maison de son
  père, mais la ville entière et les Rostres mêmes, d'où il avait
  promulgué les lois qu'elle bravait ainsi jusque sur leur autel.
 Après qu'il eut été contraint à sévir contre elle, et à envelop-
 per dans sa punition, Ovide, qui en avait été le confident et
 sans doute le complice, il ne fut pas toujours sévère envers
 lui-môme. Malgré les lois, il s'était livré aux adultères, pré-
 textant la nécessité de connaître les secrets de ses rivaux ;
lorsqu'avec Livia, il se fut assis au faîte de l'empire, il n'épar-
gna ni la majesté de son rang, ni celle de son épouse, pour
satisfaire ses inconstantes passions. Si Livia Drusilla s'abaissa
pour lui au rôle que jouaient, au dernier siècle, des cour-
tisanes couronnées, il eut aussi ses petits soupers dont la
licence était poussée jusqu'à l'impiété. Il y faisait prendre à
chacun des convives la forme de l'un des douze grands dieux,
et il présidait lui-môme à l'imitation de leurs adultères, re-
vêtu du costume d'Apollon, dont il voulait passer pour le
fils, et dont il avait adopté l'emblème, ainsi que fit plus
tard un prince dont on a comparé le siècle au sien.
   Le goût, qui est comme une seconde conscience des peu-
ples, et qui est peut-être le plus sûr indice de leur moralité,
n'était pas très pur chez Auguste, ni surtout parmi ceux qui
l'entouraient. Au milieu des ruines qui couvrent le mont Pa-»