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465 prouvent que le Rhône avait déjà été détourné (1), s'il l'a jamais été; et qu'il coulait du moins comme aujourd'hui, au pied de la montagne de Caluire, droite d'Albin; quant à la Saône (2), tou- tes les opinions relatives à son cours ancien derrière Fourviè- res, sont du moins hasardées, si non tout à fait erronées; tout prouve qu'elle coulait forcément, comme de nos jours , près d'Albiniacum, maintenant Albiguy (3). Si l'on nous ob- jecte que le palais de Sévère (domus Antiquaria) (4), maison de l'Antiquaille, étant à Fourvières, par conséquent Lyon était plutôt là tout entier qu'ailleurs , nous nous contenterons de répondre que la nécessité d'avoir de grands jardins obli- geait les Patriciens à bâtir plutôt de ce côlé que du côté de Saint-Sébastien (5) ; or, le palais de Sévère était immense , si l'on en jug« par les aqueducs publics pour son service, les grottes sculptées, les conduits souterrains voûtés, dont on voit encore quelques restes (6), et surtout par le grand nom- bre de briques dorées qu'on a retrouvées assez loin de là avec le mot Severus (7). Mais revenons à notre bataille. —Albin (1) Furetière, dans son Dictionnaire, dit : Le cours du Rhône a été changé par le moyen d'une digue. — On n'a pas besoin de prouver ce dérangement du Rhône pour expliquer la bataille, ainsi que le prétend le P. Colonia. (2) Spon, Antiquités de Lyon, rapporte les raisons de ceux qui prétendent que la Saône passait déjà derrière Fourvières, raisons qui ne sont rien moins qua plausibles, et dont on n'apas besoin, comme il l'insinue , pour expliquer cette bataille. (3) Nous ne parlerons pas de l'opinion de Paradïn, historien de Lyon , qui fait dériver ce nom de quasi castra Àlbini, m de la réponse de Claude Rubys qui le réfute par un mot : Pourquoi pas Castra Severi, pii«!q"ue ce der- nier est le vainqueur. Voyez Hist. de Lyon, par maître Claude de Rubys, p. 109. {&) C'est ainsi que l'appelle Champier. C'est là que naquit Caracalla.Voy. là . (5) Gibbon, en parlant des jardins des sénateurs de Romavdit dans une note qu'ils formaient un cercle autour de la ville. Voyez HisÛ-déla Decad., vol. 1, ch. 6, p. 515. (6) Hisl. vHrii. de Lyon, par Claude Rubys, conseiller du roi. (7) Briques ouvragées en bas-relief qui devaient être des corniches de ce palais, Spon, Antiq. de Lyon, p. 52. 30