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manifeste n'eût pas été, comme il l'était, aussi riche de fails
concluants, peu connus et bien déduits les uns des autres,
s'ils n'avaient été fournis par l'abbé Guillon. Les mémoires
subséquents du comte, où l'on ne trouva guère que du vague,
fardé par une imagination capricieuse et brillant d'un style
bizarre, confirment notre conjecture sur l'aide qu'il dut avoir
dans la composition de son premier ouvrage.
    Le Comte, paraissant moralement invulnérable à cause de
l'éminente réputation de royaliste catholique qu'il avait acquise
dans l'assemblée constituante, était mis en avant plus visible-
ment par l'abbé Guillon dans la publication que celui-ci fit
cette année-là même de sa curieuse et piquante Lettre de
Basilidès, évéque grec de Carystos en Eubée, car elle était
adressée à M. le comte de Montlosier, et l u i - m ê m e dans le
préambule, disait complaisamment qu'elle lui était arrivée par
Marseille. Elle réfutait d'une manière solide et joviale ce que
l'abbé Frayssinous, alors minisire d'état pour les cultes, avait
dit d'extrêmement jésuitique à la tribune de la chambre des
députés. Comme cet abbé était de plus un de ces évêques
sans évéché, sans clergé, sans diocésains, qu'on appelle in
partibus infidelium (en des contrées ennemies du catholicisme
romain), où ils se gardent bien d'aller, attachés qu'ils sont
aux jouissances des grandes villes et des cours ; espèce d'agents
 secrets de la cour de Rome, à la crosse desquels on peut a p -
 pliquer ce que Pierre Damien disait de celles de quelques
 abbés de monastère, qu'elles étaient quasi genitalia in mulo,
 l'abbé Guillon prit occasion de cette lettre pour expliquer
 ce que sont ou plutôt ne sont pas ces fantômes d'évêques.
 Il y mit à nu la monstruosité de ces excroissances épis-
 copales, provenues de la politique ambitieuse des papes,
 au milieu du désordre des croisades, dont ils avaient inondé
 l'Orient. Le même sujet fut développé, avec beaucoup de
 savoir, dans une seconde lettre du soi-disant Basilidès,
 par le même auteur, en 1828. On ne retrouve presque plus
 d'exemplaires de l'une et de l'autre ; ceux qu'elles chagrinaient