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  GCILLON (AIMÉ) DE MONTLÉON, maitre-ès-arts et docteur en
théologie^ prédicateur d'abord, ensuite controversiste, théo-
logien, philologue, historien, amateur éclairé des beaux-arts,
l'un des conservateurs actuels de la bibliothèque Mazarine
de Paris, depuis 1816, et qu'il ne faut pas confondre avec
M. N.-S. Guilloii; qui se proclame avec tant d'éclat Aumônier
de la reine (Marie-Amélie), est parmi nos écrivains l'un de
 ceux dont on ne peut aisément faire une biographie exacte
et complète. La difficulté provient et de la vie, pour ainsi
dire, cosmopolite, à laquelle les événements politiques des
années 1790 et suivantes le condamnèrent, de la variété des
sujets qu'ils a traités dans ses ouvrages, et de l'obscurité où il
se renferme aujourd'hui plus que jamais. Pour bien connaître
son histoire, il faut recourir aux journaux étrangers comme
aux nationaux, et à beaucoup de recueils qui s'enrichirent de
ses productions ; interroger encore les vieux contemporains,
 séduire même, en quelque sorte, le petit nombre de ses amis
 avec lesquels il est présumable qu'il a quelquefois parlé avec
 abandon de ce qui le concerne. Mais les difficultés, loin de nous
décourager, étant pour nous de puissants excitalifs à les
 surmonter, nous n'avons négligé aucun de ces moyens pour
 acquérir une connaissance suffisante des étranges vicissitudes
 de sa longue vie et de ses nombreux écrits^ dispersés dans les
 différents pays où il a séjourné.
   Né à Lyon, le 24 mars 1758, il lit ses humanités dans l'un
des deux excellents collèges de cette ville. Ses parents, gens
très pieux, ayant tourné la flexibilité de son jeune âge vers
l'état ecclésiastique, le séminaire le plus renommé du diocèse
fut l'école où, cloîtré comme une religieuse, il étudia la
théologie. Ordonné prêtre en 1782, il se lança dans la car-
rière de la prédication, et dut probablement à l'intérêt qu'ins-
pirait sa jeunesse, autant qu'à son talent, le succès qu'il y
obtint. Appelé en 1790 à Dijon pour prêcher le carême dans
l'église cathédrale de cette ville, il eut constamment un
auditoire nombreux et difficile, qui lui prodigua ses suffrages.