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413 GCILLON (AIMÉ) DE MONTLÉON, maitre-ès-arts et docteur en théologie^ prédicateur d'abord, ensuite controversiste, théo- logien, philologue, historien, amateur éclairé des beaux-arts, l'un des conservateurs actuels de la bibliothèque Mazarine de Paris, depuis 1816, et qu'il ne faut pas confondre avec M. N.-S. Guilloii; qui se proclame avec tant d'éclat Aumônier de la reine (Marie-Amélie), est parmi nos écrivains l'un de ceux dont on ne peut aisément faire une biographie exacte et complète. La difficulté provient et de la vie, pour ainsi dire, cosmopolite, à laquelle les événements politiques des années 1790 et suivantes le condamnèrent, de la variété des sujets qu'ils a traités dans ses ouvrages, et de l'obscurité où il se renferme aujourd'hui plus que jamais. Pour bien connaître son histoire, il faut recourir aux journaux étrangers comme aux nationaux, et à beaucoup de recueils qui s'enrichirent de ses productions ; interroger encore les vieux contemporains, séduire même, en quelque sorte, le petit nombre de ses amis avec lesquels il est présumable qu'il a quelquefois parlé avec abandon de ce qui le concerne. Mais les difficultés, loin de nous décourager, étant pour nous de puissants excitalifs à les surmonter, nous n'avons négligé aucun de ces moyens pour acquérir une connaissance suffisante des étranges vicissitudes de sa longue vie et de ses nombreux écrits^ dispersés dans les différents pays où il a séjourné. Né à Lyon, le 24 mars 1758, il lit ses humanités dans l'un des deux excellents collèges de cette ville. Ses parents, gens très pieux, ayant tourné la flexibilité de son jeune âge vers l'état ecclésiastique, le séminaire le plus renommé du diocèse fut l'école où, cloîtré comme une religieuse, il étudia la théologie. Ordonné prêtre en 1782, il se lança dans la car- rière de la prédication, et dut probablement à l'intérêt qu'ins- pirait sa jeunesse, autant qu'à son talent, le succès qu'il y obtint. Appelé en 1790 à Dijon pour prêcher le carême dans l'église cathédrale de cette ville, il eut constamment un auditoire nombreux et difficile, qui lui prodigua ses suffrages.