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vaste savoir à ceux qui les entourent, et pour les faire briller
de l'éclat de leurs lumières. Tel est M. l'abbé Aimé Guillon de
Montléon. Après avoir puisé les éléments d'une haute philo-
sophie non seulement dans ses nombreux voyages, dans de
grands travaux de bibliothèque, dans une immense érudition
e t d e profondes études de l'histoire, des sciences morales et
et des beaux-arts, mais surtout dans les vicissitudes des évé-
nements dont il a été le témoin; après avoir été lui-même
battu dans tous les sens par les tempêtes révolutionnaires
des divers partis, M. Guillon a pu apprécier les grands mou-
vements anciens et modernes de l'homme en société. Il a
pu reconnaître la puissance invincible du progrès en tous
genres, et la nécessité du triomphe de la liberté, de l'égalité
et de la raison sur les pitoyables menées et les succès éphé-
mères des coteries politiques , scientifiques et religieuses.
Il a pu apprendre enfin qu'à chacun appartient le droit de
penser, d'émettre sa pensée et d'agir, en observant un respect
absolu pour les droits de ses semblables et pour les lois
que s'est établies le corps social; et, si dans son jeune âge
M. Guillon, sous l'influence d'une première éducation, s'est
laissé entraîner dans le sein du parti aristocratique, qui eut
la prétention d'entraver l'élan du peuple et d'empêcher la
conquêle de ses libertés depuis trop long-temps envahies, il
était impossible qu'un homme de sa portée n'abjurât pas tôt
ou tard les erreurs de sa jeunesse, et qu'il ne revînt aux
idées philosophiques que l'inexpérience seule et le bandeau
des passions lui avaient fait d'abord méconnaître. Aussi depuis
o ng-lemps s'étail-il hâté de saisir le contrepoids des acles
irréfléchis de ses premières années, et, en laissant reparaître,
dans toute leur énergie, les nobles pensées du philanthrope,
de l'homme sincèrement ami de son pays, du prêtre sans
préjugés, a-t-il su leur rendre l'hommage qui leur est dû.
De notre côté, nous avons cru que nous devions rendre à cet
homme honorable la justice qui lui appartient, en lui donnaut
dans notre biographie une place digne de son mérite.