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412 vaste savoir à ceux qui les entourent, et pour les faire briller de l'éclat de leurs lumières. Tel est M. l'abbé Aimé Guillon de Montléon. Après avoir puisé les éléments d'une haute philo- sophie non seulement dans ses nombreux voyages, dans de grands travaux de bibliothèque, dans une immense érudition e t d e profondes études de l'histoire, des sciences morales et et des beaux-arts, mais surtout dans les vicissitudes des évé- nements dont il a été le témoin; après avoir été lui-même battu dans tous les sens par les tempêtes révolutionnaires des divers partis, M. Guillon a pu apprécier les grands mou- vements anciens et modernes de l'homme en société. Il a pu reconnaître la puissance invincible du progrès en tous genres, et la nécessité du triomphe de la liberté, de l'égalité et de la raison sur les pitoyables menées et les succès éphé- mères des coteries politiques , scientifiques et religieuses. Il a pu apprendre enfin qu'à chacun appartient le droit de penser, d'émettre sa pensée et d'agir, en observant un respect absolu pour les droits de ses semblables et pour les lois que s'est établies le corps social; et, si dans son jeune âge M. Guillon, sous l'influence d'une première éducation, s'est laissé entraîner dans le sein du parti aristocratique, qui eut la prétention d'entraver l'élan du peuple et d'empêcher la conquêle de ses libertés depuis trop long-temps envahies, il était impossible qu'un homme de sa portée n'abjurât pas tôt ou tard les erreurs de sa jeunesse, et qu'il ne revînt aux idées philosophiques que l'inexpérience seule et le bandeau des passions lui avaient fait d'abord méconnaître. Aussi depuis o ng-lemps s'étail-il hâté de saisir le contrepoids des acles irréfléchis de ses premières années, et, en laissant reparaître, dans toute leur énergie, les nobles pensées du philanthrope, de l'homme sincèrement ami de son pays, du prêtre sans préjugés, a-t-il su leur rendre l'hommage qui leur est dû. De notre côté, nous avons cru que nous devions rendre à cet homme honorable la justice qui lui appartient, en lui donnaut dans notre biographie une place digne de son mérite.