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282 Celle correspondance renfermait des dissertations scientifi- ques. M. Groguier envoya à son ami des considérations sur la morve comparée à la siphilis et plusieurs articles sur l'ana- tomie écrite d'après les belles dissections de son professeur, M. Henon. Les lettres de l'Ecole vétérinaire et du professeur de Montpellier renfeimenl les sentiments les plus affectueux et les plus douces confidences. On y voit avec satisfaction que le rationalisme, en médecine , n'exclut pas , quoiqu'on en dise, l'amour , l'amitié , la générosité , et que les plus ten- dres affections peuvent se rencontrer chez le physiologiste le plus positif. Le jeune vétérinaire dut à son mérite, à la bonne opinion qu'il avait su inspirer de lui, de pouvoir se passer des offres généreuses de son ami. M. Bredin, qui avait prévu ce que devait être pour l'établissement qu'il dirigeait l'élève d'Àuril- lac , voulut l'attacher à l'école. Il le recommanda à un ami de l'agriculture, à François de Neufcliâteau , alors ministre de l'intérieur , qui le nomma bibliothécaire , le 26 thermidor, an V. Ce célèbre agronome eut, dans la suile, occasion de se féliciter du choix que le directeur de l'Ecole vétérinaire lui avait fait faire, en reconnaissant le service que M.Grognier avait ren- du à l'agronomie, lorsque ce dernier publia que les chèvres peuvent être soumises au régime de la stabulalion permanente, sans inconvénient pour leur santé . Mis au dessus du besoin par cet e m p l o i , M. Grognier pouvait s'adonner à l'étude en at- tendant des circonstances plus heureuses ; mais sa mémoire étendue, son élocution facile, claire , l'appelaient à un autre p o s t e , e t , le 22 septembre 1798, après un concours , il fut nommé professeur de matière médicale, de pharmacie et de botanique. 11 professa ces cours depuis l'époque de sa nom- minalion jusqu'en 1826.Dans cet inlervalle il fit diverses séries d'expériences. Eu 1807, 1808, 1809, il étudia plusieurs subs- tances médicinales, déinontrales propriétés inconnues de quel- ques-unes,et prouva que d'autres, qu'on regardait alors comme actives, ne méritaient pas la réputation dont elles avaient joui.