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   « Cependant on travaillait autour de Lyon avec une ardeur
inexprimable à faire des fossés et des redoutes, on crénelait
les murs ; les jeunes gens se casernaient ; on fondait des ca-
nons ; on plaçait des postes à une longue dislance ; les jeunes
négociants lyonnais se trouvaient commandés par des offi-
ciers généraux q u i , comme M. de Précy, étaient tombés des
nues ; (étaient-ils appelés par le comiLé des cinq?) c'était un
duc de... un duc de... un comte de... sous le nom de... etc.
   « Comme l'un des membres du comité des subsistances,
j'avais pour mission de visiter les postes avancés pour pré-
sider aux distributions des vivres et m'informer des autres
besoins. Avec le vin de Reverchon , je distribuais gaiement
de fausses nouvelles : c'était encore ma mission. D'abord,
c'étaient les Marseillais qui s'avançaient à notre secours ; ils
avaient traversé la Drôme... ils s'approchaient de Vienne...
ils atlaquaienl les avant-posles de la division ennemie du
Moulin-à-Venl ;... de Fourvières on entendait le canon gron-
der en Dauphiné... Ensuite, c'étaient les Piémontais qui ve-
naient par le déparlement de l'Ain... ils étaient entrés à
Bourg, ils s'approchaient de Meximieux ;... on entendait du
côté de la Bresse des coups sourds... Dans les vingt derniers
jours du siège, on entendait sans cesse et de tous les côtés
des coups sourds. C'étaient des canons amis , et l'on regardait
comme tels non seulement ceux des Marseillais, mais encore
ceux des Piémontais. J'entendais dire de tous côtés et je disais
moi-même : au point où nous en sommes , si le diable venait
à notre secours , il faudrait le recevoir bien vite, sauf à nous
batlre ensuite contre lui. On ne se conlentait pas d'entendre
des coups sourds, on voyait encore , à l'aide des télescopes
braqués sur le clocher de Fourvières, tantôt l'armée de Mar-
seille , tantôt celle du Piémont ; on distinguait les drapeaux,
les uniformes et presque les cocardes. Des gens dignes de
foi, qui de leur vie n'avaient m e n t i , du moins à les en croire,
avaient entendu ces coups sourds ; ils avaient vu ces unifor-
mes libérateurs.

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