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   Au 29 septembre, si j'ai bonne mémoire, une espèce d'as-
saut général fut donné à la ville. Les plus grands efforts des
assiégeants eurent lieu sur la chaussée Perrache. Militaire-
ment parlant, on eût dû brûler le pont de la Mulalière ; mais,
tout royaliste qu'il était; M. de L.. principal actionnaire de ce
pont, parvint à le sauver. Ce royaliste-là, comme tant d'au-
tres , tenait plus à ses intérêts qu'à ses opinions... »
    « Mais comment ce siège a-t-il pu durer soixante jours
et plus? C'est un problème qu'on ne peut expliquer que par
la détermination des Montagnards de retarder la chute de
Lyon. Lorsque Kellermann arriva à la Pape , la ville était
hors d'état de résister à un coup de main. Les fortifications
étaient à peine commencées ; nous les achevâmes à la barbe
de l'ennemi, qui ne se mit guère en devoir de nous troubler.
La Croix-Rousse était le côté de la ville le plus fort, à cause
des dispositions du terrain , du grand nombre d'enclos , de
maisons crénelées, de petites rues barricadées. Aucune grande
mesure ne pouvait s'y déployer. On ne pouvait que chicaner
le terrain. Eh bien ! c'est à la Croix-Rousse qu'on s'acharne
ou qu'on fait semblant de s'acharner pour pénétrer da-ns
Lyon ; ce n'est que vers la fin qu'on s'aperçoit que c'est du
côté de Perrache que Lyon est le plus vulnérable, et l'on ne
veut pas profiter de cette découverte. Rien n'était plus facile
que de s'établir à Saint-Irénée , à Sainl-Just, et de là d'écra-
ser , de brûler la ville. Lorsque, au milieu de la nuit, l'en-
nemi s'apercevait que les bombes avaient mis le feu dans cinq
à six quartiers, il faisait taire son artillerie comme pour don-
ner à nos pompes le temps d'agir. C'est du moins ce que j'ai
cru remarquer, et je n'étais pas le seul. Je pensais en outre
que ce n'était pas par hasard qu'un si grand nombre de b o m -
bes tombaient dans le Rhône si dans la Saône. Sans cet arran-
gement , dont je ne veux pas discuter les motifs , comment
expliquer l'exiguité des dommages causés par un bombar-
dement de soixante jours. En effet, si l'on excepte l'Arsenal
et les maisons voisines, incendiées par les torches des clu-