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 Rétablissement français pouvait-elle ranimer cette domi-
 nation à laquelle il ne restait que peu de jours à vivre ?
 Le vice-roi déterminé par la haine qu'il portait au drapeau
 tricolore et par les ordres de la métropole, feignit de le
croire. Il envoya chercher au loin les guerriers de peu-
 plades indiennes pleines d'ignorance et façonnées au joug.
Il y réunit plusieurs garnisons de soldats espagnols et les
fit marcher ensemble contre le Champ d'Asile, résolu à le
détruire de fond en comble, à en immoler tous les habitants.
 Qu'on juge de l'effet produit sur les colons français par
 cette nouvelle foudroyante ! Leur première pensée, on le
comprend, fut de combattre ces ennemis jusqu'à la dernière
 extrémité 5 mais le nombre en était trop considérable pour
qu'il fut possible de compter sur une victoire à la suite
d'un combat en rase campagne. Réduits à la défensive
derrière leurs fortifications, nos compatriotes eussent été
aussitôt cernés; leurs vivres1, leurs munitions se seraient
épuisés et la retraite leur eut été impossible. Ce qui survint,
eu outre, de plus décourageant,- ce fut d'apprendre que les
Etats-Unis probablement inquiets aussi de l'importance
inattendue prise par cette colonie qu'ils avaient reconnue
indépendante, se montraient secrètement satisfaits de l'in-
vasion des Espagnols desquels on disait qu'ils allaient
recevoir, pour prix de leur neutralité, l'investiture défini-
tive du Texas. Dès-lors on se hâta d'adopter le parti le
plus prudent ; l'évacuation du Champ d'Asile fut décidée.
On s'embarqua sur la Trinité, emportant vivres, armes^
munitions, et on se laissa entraîner parle courant!... De
quelle profonde tristesse furent marqués les derniers regards
jetés sur cette terre, objet de tant d'espérances anéanties
en un jour ! Quelle poignante douleur saisit irrésistiblement
tous les cœurs à cette pensée d'une sécurité conquise par