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ce fût, une vertu obligatoire. Tout Français, quelques
opinions qu'il eût antérieurement professées, était admis
à faire partie de la colonie, qui le nourrissait pendant un
an et lui fournissait les instruments de travail.—'L'iné-
branlable résolution de rester toujours Français, jointe
au désir de demeurer unis de cœur et d'esprit, d'avoir les
mêmes intérêts, les mêmes relations, fit rejeter l'admis-
sion des Etrangers qui n'avaient pas reçu, en servant dans
les armées françaises , le baptême de la fraternité. L'ad-
ministration de la colonie était attribuée à trois directeurs,
élus tous les cinq ans, mais qui n'avaient le pouvoir de
décider aucune mesure d'autorité sans le concours d'un
conseil composé de députés du peuple. — Le droit d'élec-
tion et d'éligibilité appartenait indistinctement à tous;
néanmoins la première récolte faite par un nouveau plan-
teur, lui donnait seul le titre de citoyen, et par suite le
droit de prendre part aux résolutions publiques. — La plu-
ralité des voix des représentants du peuple suffisait à faire
une loi, mais il en fallait les deux tiers pour établir un
impôt. — En aucun cas, il n'était permis à un colon de
posséder pour lui seul plus de vingt arpents carrés de
terrain. S'il avait une famille, on lui donnait en jouis-
sance cinq autres arpents carrés par chaque individu au-
dessous de dix-huit ans, époque fixée pour la majorité.—
L'éducation des enfants était publique et commune. —
Quiconque, après un certain laps de temps laissé au dé-
veloppement de la colonie, eût refusé de se marier, était
exclu des fonctions publiques. Dès qu'un fils de colon,
parvenu à l'âge convenable, se déterminait à prendre une
compagne, la Communauté lui bâtissait une maison, dé-
frichait, ensemençait des terres à l'entour, mettait dans
 son habitation les vivres d'une année, et y amenait céré-