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175 ce fût, une vertu obligatoire. Tout Français, quelques opinions qu'il eût antérieurement professées, était admis à faire partie de la colonie, qui le nourrissait pendant un an et lui fournissait les instruments de travail.—'L'iné- branlable résolution de rester toujours Français, jointe au désir de demeurer unis de cœur et d'esprit, d'avoir les mêmes intérêts, les mêmes relations, fit rejeter l'admis- sion des Etrangers qui n'avaient pas reçu, en servant dans les armées françaises , le baptême de la fraternité. L'ad- ministration de la colonie était attribuée à trois directeurs, élus tous les cinq ans, mais qui n'avaient le pouvoir de décider aucune mesure d'autorité sans le concours d'un conseil composé de députés du peuple. — Le droit d'élec- tion et d'éligibilité appartenait indistinctement à tous; néanmoins la première récolte faite par un nouveau plan- teur, lui donnait seul le titre de citoyen, et par suite le droit de prendre part aux résolutions publiques. — La plu- ralité des voix des représentants du peuple suffisait à faire une loi, mais il en fallait les deux tiers pour établir un impôt. — En aucun cas, il n'était permis à un colon de posséder pour lui seul plus de vingt arpents carrés de terrain. S'il avait une famille, on lui donnait en jouis- sance cinq autres arpents carrés par chaque individu au- dessous de dix-huit ans, époque fixée pour la majorité.— L'éducation des enfants était publique et commune. — Quiconque, après un certain laps de temps laissé au dé- veloppement de la colonie, eût refusé de se marier, était exclu des fonctions publiques. Dès qu'un fils de colon, parvenu à l'âge convenable, se déterminait à prendre une compagne, la Communauté lui bâtissait une maison, dé- frichait, ensemençait des terres à l'entour, mettait dans son habitation les vivres d'une année, et y amenait céré-