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charges publiques autant que les besoins de l'état avaient
pu le permettre. François I e r n'était de retour que depuis
cinq années à peine, et pour peu qu'on se fasse une idée de
la joie que cet événement avait excité dans tout le royaume,
on ne s'étonnera pas si, partout, sur le passage du cavalier,
bourgeois et artisans, que la chaleur du jour tenait enfermés
dans l'intérieur des maisons, se répandaient en groupes nom-
breux sous l'auvent des boutiques pour saluer la livrée du
roi et s'informer des nouvelles envoyées à l'échevinage.
   — L'affaire doit être importante, car le cavalier ne m é n a -
geait pas sa monture, et n'était pas mieux vêtu le messagier
qui vint annoncer la délivrance du roi.
   — Ne sais, dit un autre homme de la foule, mais sera
bonne nouvelle. Se presse-t-on tant quand on est messagier
de malheur ?
   — Le ciel vous entende, maître Laurent, dit un troisième,
car nous avons eu de mauvais jours, et m'est avis qu'on aurait
besoin de grande joie pour se remettre un peu, Yous, surtout,
vous n'avez pas oublié la Rubayne de St-Marc. Quand les
vignerons et les taverniers ont pillé votre boutique de pâtis-
serie, la chose publique allait à vau-l'eau. La fortune de tous
était à la merci d'une "centaine de misérables. Heureusement
que tout est fini; de ces mauvais jours il ne reste plus que
le souvenir.
   — Les mauvais jours, répondit le pâtissier, sont comme
les mauvaises idées ; il faut les chasser de l'esprit. Le capitaine
seigneur de Bothieres, prévôt de l'hôtel du roi, et le gouver-
neur Pomponio Trivulse ont trop bien su punir les pillards
pour que semblable chose revienne, car ils les ont pendus
ou chassés de la ville.
   — On sait cela : on sait aussi que vous avez battu des mains à
tout ce qui a été fait, répondit un nouvel interlocuteur qui
jusque là s'était tenu à l'écart, et qu'à ses longs cheveux et
 et à sa casaque, on reconnaissait pour un homme du bas
 peuple.