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 manuscrit, me l'avait apporté pour savoir s'il ferait bien de
 l'imprimer; mais que je l'en avais d é t o u r n é , en lui faisant
 voir que l'ouvrage ne valait rien. Il renvoya donc le manus-
 crit à Bonnecorse , qui a pris , dit-on, le parti de le faire im-
 primer à Marseille , et qui en a fait apporter à Lyon quelques
 exemplaires :
           Mais son livre inconnu sèche dans la poussière (1).

   Et l'exemplaire que je vous envoie est infailliblement le seul
 qui aura le bonheur d'aller à Paris (2).
   « On vient de m'apporter la bordure que j'ai fait faire au
portrait (3) dont vous m'avez fait p r é s e n t , et vous voilà placé
dans le plus bel endroit de mon cabinet. Je ne doute pas que
vous n'en fussiez content, si vous pouviez le voir; mais vous
le seriez bien davantage, si vous étiez témoin de l'empresse-
ment qu'ont tous les honnêtes gens de vous venir rendre visite
ici chez moi. Chacun tâche de renchérir sur vos louanges ; il
n'est pas même jusqu'à nos poètes qui n'aient travaillé sur ce
sujet. Voici quatre vers de la façon d'un de nos amis :
             Vous qui voulez savoir quel est le personnage
                      Représenté dans ce tableau ,
                      Approchez-en un sot ouvrage ,
                      Vous connaîtrez que c'est Boileau. »
  Tout en louant ces v e r s , Despréatix les refit ; le 25 mars
1699, il écrivait à Brossette :
   "      J e trouve Bonnecorce bien hardi d'envoyer un si
mauvais ouvrage à Lyon-, ne sait-il pas que c'est la ville où
l'on obligeait les méchants écrivains à effacer eux-mêmes
leurs écrits avec la langue? N'a-t-il point peur que-celle mode
ne se renouvelle contre lui, et ne le fasse pâlir:

   (1) Le Jonas inconnu sèche dans la poussière. Sat. ix. vers 91.
   (2) C'était apparemment une nouvelle édition du Lulrigot, ce poème ayant
déjà été imprimé à Marseille, en -1686.
   (3) Cizeron-Rival croit que ce portrait, peint par Sauterre, était, en 1770,
dans la bibliothèque des Augustins de Saint-Vincent, à Lyon.