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' 474 Dans quelques quartiers , le prix des loyers doit être aussi cher à Alger que dans nos grandes villes, si j'en juge par l'exiguité de certains locaux ; j'ai vu des Maures, marchands d'objets assez précieux, n'avoir pour tout magasin qu'un espace de huit à dix pieds, encombré de marchandises, au milieu desquelles se trouvait une espèce de trou analogue à l'intérieur d'un tonneau , et dans lequel se tient durant le jour le vendeur qui, pendant la nuit, habite un domicile plus vaste et plus commode. A Alger l'Islamisme est la religion de la majorité ; aussi les mosquées y sont-elles nombreuses; surmontées d'un dôme et d'un minaret, on peut les voir d'assez loin. Les Algériens que j'y ai rencontrés m'ont tous paru recueillis, pleins de respect et de vénération. Bon nombre de catholiques auraient besoin d'ob- server à l'église la tenue décente et réservée des enfants de Mahomet dans leurs temples. L'une des plus belles mosquées a été vouée à l'exercice de la religion catholique, et mise en harmonie avec le culte que l'on y célèbre maintenant. Cette église doit à l'architecture mauresque, qui est noble et sévère, ainsi qu'à l'absence de tout ornement capable de dis- traire des pensées religieuses, ce double caractère de majesté et de grandeur qui convient au saint lieu, et de simplicité qui rappelle les premiers temps du christianisme. Les catholiques qui habitent Alger suivent peu l'es cérémonies religieuses ; ils sont trop occupés, ou de la conservation de la conquête, ou de spéculations commerciales, pour employer leur temps à d'autres soins (1). (1) Les Arabes prétendent que les Français manquent de religion, de bra- voure et de probité. Voici de quelle manière ils entendent et expliquent une aussi terrible accusation. Comme ils sont, du moins dans les mosquées, scrupu- leux observateurs de leur culte, ils nous reprochent de négliger le nôtre et par , conséquent d'être irréligieux; nous n'avons pas de courage, à leur avis, parce que nous ne bravons pas la mort et ne la recevons point avec leur sang-froid et leur impassibilité. Nous sommes enfin sans probité, disent-ils, parce que parmi ceux de nos soldats avec lesquels ces arabes se trouvent en rapport, il s'en rencontre parfois qui ne sont pas d'une fidélité exemplaire à leurs engagements ; il est vrai de convenir à cette occasion qu'à Alger, comme dans tout pays conquis, les vain- queurs n'ont pas toujours respecté les propriétés publiques et particulières. Mais