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460 un cabinet d'histoire naturelle, un cabinet de minéralogie, et un jardin botanique, riche d'un grand nombre de plantes exo- tiques que l'on doit au zèle et au savoir de M. Robert, directeur de cet établissement (1). L'on rencontre aussi, dans la rue Royale, l'hôpital du St-Esprit, destiné aux habitants de la ville atteints de maladies curables et aux femmes en couches. Les planchers des différentes salles sont un peu bas ; à cela près, elles m'ont paru assez bien disposées ; les servants se composent de quelques sœurs religieuses et d'in- firmiers ; le service médical est confié à M. le docteur Meysson, et celui de la chirurgie à M* le docteur Taxile. Il n'y avait, lors de ma visite, que quatre-vingts malades dans cet hôpital civil qui pourrait en recevoir deux cents (2). Quoique les artisans soient nombreux à Toulon, ils jouissent d'une certaine aisance et ont de la répugnance pour les secours de la charité pu- blique. Une espèce de succursale de cet établissement existe à une courte distance, dans une rue étroite et dans uue maison vieille et mal construite : elle est destinée aux femmes vénériennes ; je n'y ai vu qu'une douzaine de malades et pas un cas grave. Le trai- tement mis en pratique par M. le docteur Taxile est simple et (1) L'enseignement des sciences médicales à Toulon devrait assurément être plus complet et se rattacher à un système général d'instruction; mais il est à Toulon ce qu'il est à Lyon, ce qu'il est dans toutes les villes qui n'ont que des Ecoles secondaires, un enseignement provisoire et précaire dont la génération actuelle profite, en attendant une loi qui régularise et complète en France les moyens d'instruction médicale et l'exercice de la médecine pratique, (2) J'ai trouvé peu de malades dans les hôpitaux de toutes les villes du Midi que j'ai parcourues durant ce voyage. Les médecins praticiens, principalement ceux de Marseille, m'ontassuré qu'il n'y avait de même qu'un très petit nombre de malades dans la ville ; cependant le choléra n'a pas tardé d'éclater et de sévir avec une excessive rigueur. Cet état favorable de la santé publique, ne serait-il que l'effet ordinaire du printemps qui, dans le Midi surtout, est la plus admirable saison de l'année? Ou bien, comme le calme parfait de la mer, précurseur accoutumé de la tem- pête , ne faudrait-il y voir qu'un sinistre avant-coureur de l'invasion de l'épi- démie !...