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 célèbre voyageur mort en 166S), Claude Basset cultivait les Muses avec un heu-
  reux succès, c'était un esprit vif, élevé, élégant. Il était né à Lyon, d'un père
  possesseur d'une grande fortune, que par des voies honnêtes il s'appliquait à
  accroître encore. Dès sou enfance on put prévoir qu'il serait un jour un grand
, homme, et c'était ce qu'augurait de lui le P. Jean de Bussières, qui fut son pré-
  cepteur dans les belles-lettres. Elevé d'une manière tout-à fait libérale , il se
  lança, tant par son propre génie que par les soins éclairés de son père, dans
 cette carrière de vertu qui s'ouvre devant les âmes généreuses et nées pour la
 gloire. Il ne tarda pas à surpasser tous ses émules, et laissa bien loin derrière
 lui ceux même dont l'âge était supérieur au sien. Ayant embrassé avec ardeur
 tous les genres d'études, il se livra d'abord plus spécialement à celle de la juris-
 prudence et aux affaires du barreau, mais un instinct de la nature , un souffle
 divin le poussait à la poésie. Entré au palais, il y plaida quelques*causes en docte
 et habile orateur. Ses discours charmaient par l'élégance du langage et par le
  choix des pensées et des argumens ; maïs de temps en temps les Muses le rap-
  pelaient à elles, et il n'était pas sourd à leur voix; il leur consacrait avec em-
 pressement toutes les heures que ses occupations d'avocat lui laissaient libres.
 A la fleur de son âge iî, servait ainsi Apollon et Minerve, qu'il préférait à Vénus
  et à Bacchus. Une tragédie qu'il composa alors sous le titre d'Irène, fait voir
 jusqu'où serait allé son talent poétique s'il l'eût cultivé par un travail sérieux et
 assidu (1). Jean-Baptiste Molière, ce prince des comédiens, jugea la pièce digne
 d'être représentée et la représenta en effet à Lyon : elle fut fort bien jouée et
 obtint un grand succès. « Mahomet II, roi des Turcs, celui qui "prit Bysance ,
 était devenu amoureux d'un e de ses captives, la belle Irène. Cet amour l'occupait


  ( i ) IRENE tragœdia, quantus in arte poeticâ futurus erat séria constantique opéra si in eâ arte
exercuisset, ostendit. JoANNES BAPTISTA MoLLERlL'S, comœdorum princeps, dignam quee publiée
exhiberetur, censuit, ipseque Lugduni luculenter exhibuit. Acta plaeuit.,.. Primos cum acta est
adolescentise annos Bassetus agebat       » Page a33.
  Il est encore question de l'IUÈNE de Basset, dans une pièce de vers de Chorîer., intitulée INDIG-
NATIO, et qui se trouve dans le recueil de ses poésies latînas , publié sussi à Grenoble, en
1680 :
                          Bassetusque tuus , maie juncta tyranno ,
                     IRENE, vatcs : illo , fera corda , canenle
                     Te flevere Scythœ crudeli funere mersam.
  Jacques Sauvé de la Noue a traité le même sujet que Claude Basset; son MAHOMET SECOND fut
représenté pour la première fois à Rouen, le 33 février 1739. Avant cette époque, la Noue, qui
était aussi acteur, avait joué avec succès les premiers rôles à Lyon. Lorsque son MAHOMET II parut,
on croyait assez généralement qu'un ancien préteur de Strasbourg, M. Gayot, avait eu la plus
grande part à la composition de cette tragédie, si même il n'en était pas l'auteur.
  nous ignorons si ce M. Gayot était de la famille Gayot, originaire de St-Ghamont en Lyonnais,
et dont Pernetti a parlé tome I I , page 4*7 de ses LYONN. DIGNES DE IVIÉM. Voyez la notice sur la
Noue dans le THÉÂTRE DU SECOND ORDRE, édition stéréotype, tome III , page 223, et dans lu
BWGR. Univ., tome XSXIi page 4 i 3 .