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305 les artistes de leurs occupations. Ils ont dit que des villes de troi- sième ordre, telles que Toulouse, Arras, Douai, Valencien- nes , etc., etc. , donnant l'exemple d'une noble émulation, jouis- saient d'une exposition annuelle. Les artistes de Lyon seront-ils donc obligés de se contenter des avantages pécuniaires qu'ils trou- vent dans ces expositions où toutes leurs productions sont ache- tées , et faudra-t-il qu'ils renoncent aux suffrages de leurs conci- toyens ? Ils ont dit que leur réputation dépendait des succès du salon, et qu'il était injuste de les priver des moyens de l'étendre ou de réparer des échecs d'autant plus éclatans } que les exposi- tions sont rares et solennelles. Car si l'effet des tableaux exposés ne répond pas à l'espoir de l'artiste, si le découragement se glisse dans son ame , il faudra donc qu'il brise sa palette ou qu'il languisse encore trois ou quatre ans dans une attente qu'une se- conde chute peut cruellement payer. Ces réflexions se présentèrent naturellement à notre esprit, à la vue d'ua charmant dessin d'un artiste de Lyon , dont la mo- destie égale le talent. La Tentation de St-Antoine de M. Trimolet nous était tout-à -fait inconnue. Il a fallu l'exposition Giroud, venue de Paris , pour nous révéler cette œuvre pleine de grâce. Quoique les articles qui ont parlé dans les journaux de Lyon de la galerie Giroux aient été fait par des gens ( fort capables sans doute ) , mais évidemment tout-à -fait étrangers à l'art, je respec- terai leur jugement tel erroné qu'il me paraisse, et je me con- tenterai de parler de ce qu'ils ont oublié ; je n'aurai pas la plus mauvaise part. Nous avions déjà fait connaissance avec la collection des vignet- tes historiques de Raffet., avec les jolis paysages d'Hulbert, etc. lorsque nous allâmes quelques amis et moi visiter pour la dixième fois les séduisans porte-feuilles de M. Léopold ; ce soir l à , consacré aux grands mystères , il nous montra tous ses trésors, que coquettement il nous avait réservés pour notre dernière visite. Nous admirâmes d'abord la lettre de recommandation, char- mante sépia de Charlet, dont la principale figure ferait la for- tune d'une page plus capitale ; Le Cuirassier ivre, de Bellangé, composition pleine de talent et de naturel, qui figure aujourd'hui 20