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les artistes de leurs occupations. Ils ont dit que des villes de troi-
sième ordre, telles que Toulouse, Arras, Douai, Valencien-
nes , etc., etc. , donnant l'exemple d'une noble émulation, jouis-
 saient d'une exposition annuelle. Les artistes de Lyon seront-ils
 donc obligés de se contenter des avantages pécuniaires qu'ils trou-
 vent dans ces expositions où toutes leurs productions sont ache-
 tées , et faudra-t-il qu'ils renoncent aux suffrages de leurs conci-
 toyens ? Ils ont dit que leur réputation dépendait des succès du
salon, et qu'il était injuste de les priver des moyens de l'étendre
 ou de réparer des échecs d'autant plus éclatans } que les exposi-
tions sont rares et solennelles. Car si l'effet des tableaux exposés
ne répond pas à l'espoir de l'artiste, si le découragement se
glisse dans son ame , il faudra donc qu'il brise sa palette ou qu'il
languisse encore trois ou quatre ans dans une attente qu'une se-
conde chute peut cruellement payer.
   Ces réflexions se présentèrent naturellement à notre esprit,
à la vue d'ua charmant dessin d'un artiste de Lyon , dont la mo-
destie égale le talent. La Tentation de St-Antoine de M. Trimolet
nous était tout-à-fait inconnue. Il a fallu l'exposition Giroud,
venue de Paris , pour nous révéler cette œuvre pleine de grâce.
   Quoique les articles qui ont parlé dans les journaux de Lyon
 de la galerie Giroux aient été fait par des gens ( fort capables sans
doute ) , mais évidemment tout-à-fait étrangers à l'art, je respec-
terai leur jugement tel erroné qu'il me paraisse, et je me con-
tenterai de parler de ce qu'ils ont oublié ; je n'aurai pas la plus
 mauvaise part.
   Nous avions déjà fait connaissance avec la collection des vignet-
 tes historiques de Raffet., avec les jolis paysages d'Hulbert, etc.
 lorsque nous allâmes quelques amis et moi visiter pour la
 dixième fois les séduisans porte-feuilles de M. Léopold ; ce
 soir l à , consacré aux grands mystères , il nous montra tous ses
 trésors, que coquettement il nous avait réservés pour notre
dernière visite.
    Nous admirâmes d'abord la lettre de recommandation, char-
 mante sépia de Charlet, dont la principale figure ferait la for-
 tune d'une page plus capitale ; Le Cuirassier ivre, de Bellangé,
 composition pleine de talent et de naturel, qui figure aujourd'hui
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