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201 que , et d'un complot qui a existé à Ville-Affranchie , tendant à dissoudre la représentation nationale , à rétablir la royauté en France/ par l'effet duquel les représentons du peuple ont été insultés et menacés, un grand nombre de patriotes , du nom- bre desquels était le républicain Chalier , ont été assassinés Je 29 mai dernier et jours suivans , et les habitans de cette commune se sont révoltés contre l'autorité légitime , et ont pris les armes contre les troupes de la république (1). • sanctuaire, vous répond que tous, nous nous chargeons autant du poids de vos chagrins que de celui de vos besoins. Mères et épouses, une plus sublime considération vient adoucir l'amertume de votre peine; ils sont morts pour Injustice; ils ont scellé de leur sang leur dévoû- ment à la loi * leur haine pour le crime ; ils sont autant de martyrs de dieu que ceux de la patrie. Ne vous affliges donc pas, disait autrefois l'apôtre aux fi dèles de l'église naissante, ne vous affligez pas comme ceux qui n'ont point d'espérance. La ténébreuse impiété qui a noirci de tant de blasphèmes le grand spectacle de la révolution de France, ne fut jamais que du côté de ces agitateurs féroces, de ces désorga- nisaleurs perfides, qui ont besoin de l'abrutissement du peuple et de l'extinction de tous les principes, pour atteindre à leur but, qui est de tout livrer à la com- bustion et au brigandage, d'assassiner et de se baigner dans le sang, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus que, des médians et des monstres sur le globe de la terre. Mais vous, femmes vertueuses, qui adorez un dieu clerael, et qui vivez dans l'attente d'un avenir où ce grand dieu se réserve de faire le solennel discernement de l'homme juste et de l'homme méchant, quelle riche, quelle consolante pers- pective ne vous offre-t-il pas, cet être immense et infini devant qui rien n'est mort, ef qui vous promet de vous faire • retrouver, de vous faire embrasser dans son sein bienheureux, vos épouses, vos enfans et tout ce qui vous a été précieux et cher sur la terré! Ah! la probité et la vertu doivent trop à ces victimes sacrées et chéries, pour qu'on puisse douter de leur réunion à la source immuable de tout ordre et de toute justice. Car la probité et la vertu leur sont redevables du bonheur de respirer enfin de la longue oppression où elles se trouvaient réduites sous le sceptre impitoyable et flétrissant de la plus hideuse et de la plus vile anarchie qui ait jamais souillé l'histoire des révolutions politiques. Nous en étions en effet, chers concitoyens, vous le savez, nous en étions à ce point de dégénération et d'opprobre, où c'était un crime d'avoir des lumières, où l'inculte et grossière improbité voulait engloutir toutes les fortunes, après avoir englouti tous les pouvoirs, et où il fallait se cacher d'avoir une morale, et ( t) Moniteur du 13 janvier 4794.