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165 soin de garder leurs personnes , et le bonheur d'être passée en revue et accueillie par eux. Charles YI fut reçu par Cinq cents bourgeois armés et vêtus de rouge, et par cinq cents autres vêtus de tuniques bleues. Cette troupe se rangea en haie près de l'archevêché, et cria , suivant la coutume, en le voyant paraître : Môntjoye, Si. Denis, vive le Roi. Dès lors l'uniforme particulier de la bourgeoisie était déjà le rouge et le bleu. Louis XI fut si charmé de l'accueil et du zèle des citoyens de Lyon à le recevoir , qu'il établit les quatre célèbres foires qui accrurent les richesses de cette ville , en étendant les privi- lèges de son commerce. Au passage de Henri II , on lui dtessa un trône au logis du Mouton, près de Vaise : « Pour ouir , dit la chronique , et passer en revue les capitaines des enfans de la ville. Pour éviter con- fusion , ajoute-t-elle , les capitaines , lieutenans et enseignes marchaient ensemble de trois en trois , et étaient suivis de leurs bandes, l'un après l'autre , et chacun ensemble, ordre de trois.... Ce qui fut chose émerveillable aux regardans, et même à tout capitaine et entendant le fait de la guerre, de voir si gros nombre de gens de ville, en si peu de temps être en si bel ordre, sans que l'on vît tout le long de la ville tous sir ni parler un seul, et sans interrompre son ordre ; ce qui montrait assez aux connais- seurs que la plupart d'eux savaient les armes. » Le lundi 6 septembre 1574 , Henri III arriva à Lyon : « Pour le recevoir , dil la relation imprimée , les sieurs echevins firent préparer, armer et équiper les forces de la ville étant sous la charge et conduite des capitaines pennons, ainsi nommés des étendards ou panons en drap, pannus , qui leur servent d'ensei- gnes. Ces enseignes déployées, lesdits capitaines se rendirent, en la place de Belleeour pour y dresser un bataillon , et y faire les salves d'arquebuses accoutumées. « C'est aux trente six pennonages, précédés des echevins que Henri IV, toujours affable , et ayant l'art d'attacher tous les cœurs par son courage , ses bienfaits et le charme de ses paroles, tint ce discours : « Mes amis , j'ai loué votre fidélité , j'ai tou- jours cru que vous étiez Français, et vous me l'avez bien montré.