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 aura dans ce continent. La même cause leur donna naissance,
 l'oppression ; les mêmes hommes l'exécutèrent, des citoyens :
 mais différentes dans leurs effets , l'une procura à une ville mal-
 heureuse , le gouvernement équitable et modéré de la monarchie ;
 l'autre, protégé par un monarque juste et bienfaisant, a soustrait
 l'Amérique au pouvoir d'un roi. Qu'on n'en doute pas , Lyon vit
 alors dans ses murs une foule de guerriers brave et généreux ,
 qui méprisèrent la mort pour soutenir les droits oubliés de
l'homme. L'histoire , quoique obscure et barbare , a été forcée
de consacrer les noms d'un Josserand de Charnay, d'un Rigaud
de Barnes , d'un Humbert de Chaponay , d'un Ponce de Yarissan,
d'un Peronnet de l'Ecluse , et d'un Barthélemi de Chevriers.
    Telle fut la noble origine de la milice de Lyon. Née au sein
d'une révolution glorieuse, toujours désintéressée , patriote et
utile, la reconnaissance souveraine lui accorda des privilèges
que chaque monarque s'est toujours plu à confirmer. De là, l'é-
rection du corps de ville , la formation du consulat, la création
des échevins et l'étendue de la puissance municipale. De l à ,
 toute force militaire doit relever du consulat ; et celui-ci lui-
 même , qui fut d'abord la récompense méritée par le citoyen
 courageux, ne s'accorde encore qu'à celui qui a employé son
 temps et sa vie à l'avantage de la patrie.
    Vingt-un ans après la révolution,, les citoyens de Lyon^ crai-
gnant que Louis Hutin, fils et successeur de Philippe le Bel, ne
voulût aliéner le droit de supériorité temporelle qu'il avait ac-
quis sur cette ville , et le remettre à l'archevêque, le prièrent
de vouloir les conserver sous sa domination. Leur doute fut
bientôt éclairci, et le monarque leur répondit : « Que connais-
sant la louable constance qu'ils avaient toujours conservée pour
ses droits , il les exhortait à continuer dans leur attachement ; et
que bien loin de songer à n'être plus leur souverain , il les
annexait pour toujours à sa couronne , et leur recommandait de
recourir à lui dans toutes les occasions où ils pourraient avoir
besoin de sa protection et de ses grâces. »
    Depuis ce moment heureux , Lyon a fleuri sous le gouver-
nement des rois de France ; et lorsque ces souverains sont venus
dans cette ville , la milice bourgeoise eut toujours l'honorable