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164 aura dans ce continent. La même cause leur donna naissance, l'oppression ; les mêmes hommes l'exécutèrent, des citoyens : mais différentes dans leurs effets , l'une procura à une ville mal- heureuse , le gouvernement équitable et modéré de la monarchie ; l'autre, protégé par un monarque juste et bienfaisant, a soustrait l'Amérique au pouvoir d'un roi. Qu'on n'en doute pas , Lyon vit alors dans ses murs une foule de guerriers brave et généreux , qui méprisèrent la mort pour soutenir les droits oubliés de l'homme. L'histoire , quoique obscure et barbare , a été forcée de consacrer les noms d'un Josserand de Charnay, d'un Rigaud de Barnes , d'un Humbert de Chaponay , d'un Ponce de Yarissan, d'un Peronnet de l'Ecluse , et d'un Barthélemi de Chevriers. Telle fut la noble origine de la milice de Lyon. Née au sein d'une révolution glorieuse, toujours désintéressée , patriote et utile, la reconnaissance souveraine lui accorda des privilèges que chaque monarque s'est toujours plu à confirmer. De là , l'é- rection du corps de ville , la formation du consulat, la création des échevins et l'étendue de la puissance municipale. De l à , toute force militaire doit relever du consulat ; et celui-ci lui- même , qui fut d'abord la récompense méritée par le citoyen courageux, ne s'accorde encore qu'à celui qui a employé son temps et sa vie à l'avantage de la patrie. Vingt-un ans après la révolution,, les citoyens de Lyon^ crai- gnant que Louis Hutin, fils et successeur de Philippe le Bel, ne voulût aliéner le droit de supériorité temporelle qu'il avait ac- quis sur cette ville , et le remettre à l'archevêque, le prièrent de vouloir les conserver sous sa domination. Leur doute fut bientôt éclairci, et le monarque leur répondit : « Que connais- sant la louable constance qu'ils avaient toujours conservée pour ses droits , il les exhortait à continuer dans leur attachement ; et que bien loin de songer à n'être plus leur souverain , il les annexait pour toujours à sa couronne , et leur recommandait de recourir à lui dans toutes les occasions où ils pourraient avoir besoin de sa protection et de ses grâces. » Depuis ce moment heureux , Lyon a fleuri sous le gouver- nement des rois de France ; et lorsque ces souverains sont venus dans cette ville , la milice bourgeoise eut toujours l'honorable