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138 heures, quinze sangsues sur la région cœcale, cataplasmes et lavemens émoltiens, etc.) La maladie continua à marcher dans sa période d'accroissement ; les dou- leurs du ventre s'étendirent vers les régions rénale et épigastrique, surtout à droite. (A dix heures, nouvelle application de quinze sangsues, etc., etc.) A midi, les douleurs cessèrent d'augmenter; alors seulement les efforts de vomisse- ment eurent pour résultat l'expulsion d'un liquide glaireux et d'une dose de po- tion calmante prise il y avait peu d'instans. De temps en temps, le malade cédait à une sorte d'accablement et d'assoupissement, s'endormait pendant quelques minutes; mais bientôt les douleurs le réveillaient, et il délirait pendant un mo- ment. La nuit se passa dans cet état. Le lendemain, 1 e r janvier, à cinq, heures, les coliques perdirent une partie de leur force ; mais les envies d'aller à la selle et d'uriuer se firent sentir de nouveau; le premier besoin ne put être satisfait mal- gré les efforts les plus pénibles et très-souvent répétés; quant aux urines, elles s'échappaient parfois goutte à goutte, et leur émission était accompagnée d'une douleur vive qui paraissait partir du col de la vessie; les douleurs abdominales devinrent moins aiguës, mais elles s'étendirent jusqu'aux testicules; des éructa- tions fréquentes eurent lieu, et un sentiment de malaise semblait à chaque instant annoncer une syncope. (Les fomentations émollientes seules soulagèrent un peu. Les lavemens émolliens et laxatifs, quoique souvent répétés, ne furent suivis d'au- cune selle tant qu'a duré la période d'activité, etc.) Cette maladie s'est maintenue à ce degré d'intensité jusqu'au 4 janvier, époque où elle a offert une nouvelle dé- croissance, mais alors etpour la seconde fois, tous les phénomènes morbides sont restés quelque temps slationnaires, et ce ne fut que le 4 janvier, premier jour où les lavemens ont commencé à produire quelque effet, qu'une amélioration plus notable s'est manifestée ; ces premières selles étaient composées, au dire de la garde, de matières noires, dures et séparées par grumaux; le corps a pu s'étendre; le ventre étant devenu moins douloureux, moins tuméfié et moins dur; les menaces de syncope ont cessé; depuis, l'état de ce malade a toujours été en s'améliorant; de nouveaux lavemens ont amené de nouvelles selles, mais moins consistantes, moins foncées et mêlées de parties membraneuses et fila- menteuses; il est enfin entré en convalescence vers la fin de janvier; la liberté du ventre n'a pu se maintenir sans le secours des lavemens avant le 15 mars, et jusqu'à la même époque environ il n'a pu satisfaire sou appétit sans éprouve? quelques souffrances qu'il rapportait à l'estomac. Oiss. II. — Je tiens de M. le docteur Gensoul l'histoire de six personnes habitant sous le même toit, le mari, la femme, la mère de l'un d'eux , deux ouvriers et une ouvrière qui, après avoir mangé (1834) de la chair de porc salée et du melon , éprouvèrent tous des accidens graves qui furent d'abord ceux d'une gas- Iro-eulérite, et assez semblables chez chacun; envies de vomir, douleur à l'épi- gastre et dans toute l'étendue de l'abdomen, soif vive , fièvre ardente , etc. Le docteur Gensoul fut appelé en consultation vers le dixième jour de la maladie