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                  LES CHAMBRES DE MERVEILLES                       -            427
 pareilles richesses, et celles qu'on a pu réunir au Palais du Com=
 merce ne nous font-elles pas soupçonner encore l'existence de
 bien d'autres œuvres d'art demeurées inconnues dans les cabinets
 de plus d'un collectionneur de notre ville ?
    « Mais ce que nous révèle surtout cette exposition du vieux
 mobilier des " siècles passés, c'est l'existence d'une école d'ébé-
 nisterie lyonnaise au quinzième siècle. Sans doute, quelques
 amateurs pouvaient ne point l'ignorer, mais c'était le petit nom-
 bre. D'ailleurs jusqu'à ce jour eût-il été possible d'apprécier les
 caractères de cette école au moyen d'observations isolées ? Or,
jamais occasion plus favorable n'a. été fournie aux connaisseurs,
pour étudier les œuvres d'une école qui eut certainement une
prospérité bien grande, si l'on en juge par le nombre des œuvres
 remarquables qu'elle nous a laissées. Cette école s'est distinguée
surtout par le goût parfait de l'ensemble, l'habileté du dessin, la
sobriété des détails, le fini des sculptures, et par le soin qu'elle a
eu d'éviter cette exubérence d'ornements d'un goût douteux qui
caractérise souvent l'ébénisterie italienne et allemande de cette
époque. Le célèbre architecte Ducerceau a fourni plus d'un
dessin à nos ouvriers lyonnais. »
   La céramique était aussi représentée noblement à l'exposition
de 1877 par les plus merveilleux spécimens de la Chine, du Japon,
de la Perse, de l'Asie Mineure, de l'île de Rhodes, de l'Italie, de la
Saxe et de Sèvres et de quelques fabriques françaises, comme celle
de Moustiers.
   Mais ce qui attirait surtout les regards des Lyonnais, c'étaient
les œuvres de Joseph Combe, fameux fabricant de faïence de Mar-
seille qui vint apporter à Lyon, en 1733, une industrie qui avait
cessé d'y exister depuis de longues années. On sait qu'après des dé-
buts laborieux, cette manufacture subventionnée parfois par le Con-
sulat eut ses jours de prospérité, et qu'après les trente aimées de sa
durée, elle a pu laisser beaucoup de produits encore très estimés1.
   Les tapisseries et les efo/fesontméritéégalement,à l'exposition,


  1
    En 1556 et en 1574, il y avait déjà eu à Lyon des fabriques de céramique fondées
par des ouvriers venus d'Italie, mais on ne retrouve plus de leurs produits. (Voir
la Revue du Lyonnais, t. XXX, p. 310 et t. XXXI, p. 258. Note de M. Vachez.)