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LES ARTISTES ET LES GENS DE MÉTIER 3.
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et la cité entra en possession du droit de s'administrer et de
veiller à sa défense.
Est-il vrai que, au quatorzième siècle, il n'y ait eu, à Lyon,
aucune industrie digne de remarque, que le travail n'y ait jamais
donné alors que ses œuvres les plus vulgaires? Cela a, été affirmé
plus d'une fois.
Nous ne sommes pas de cet avis. Nous ne nions pas les effets de
l'insécurité, de la dépopulation, de la cherté des subsistances, de
l'appauvrissement; nous reconnaissons que, pendant une longue
suite d'années, toute initiative et toute activité ont été comprimées
dans les arts et les métiers; mais, dès cette époque même, la ville
de Lyon possédait et entretenait dans son sein les éléments de ce
grand et fécond mouvement qui, déterminé par l'établissement des
foires franches en 1419, devait rendre bientôt la cité si prospère.
Son commerce était actif, ses relations s'étendaient jusqu'à l'Orient.
Lyon se trouvait, dans ce temps, entre deux foyers de luxe,
deux centres d'action, qui ont influé certainement sur son déve-
loppement artistique. Les artistes étaient flamands à Dijon et ita-
liens à Avignon. La présence du pape dans cette dernière ville, Ã
partir de 1309, y avait donné naissance à une école tout italienne,
dont le peintre Simone Memmi, de Sienne, élève de Giotto, ami de
Pétrarque, a été le principal inspirateur.
Les documents originaux sont rares, et, dans ceux qui nous
restent, on trouve peu de chose à apprendre sur les entreprises du
travail. Cependant il n'est pas impossible de s'en faire une idée,
et nous allons essayer de faire connaître le personnel qui s'était
attaché, à Lyon, dans la seconde moitié du quatorzième siècle, Ã
la pratique des arts.
I
MAÇONS
Nous avons les noms d'une soixantaine de maçons, non pas de
simples ouvriers (nous avons négligé ^de recueillir les noms de
ceux-ci), mais de maçons ayant le titre de maîtres, ou qui, à en