page suivante »
BENOIT PONGET 245
crise qui détermina chez lui une sorte de rénovation morale per-
sistant jusqu'Ã la fin de sa vie. Ce fut le sentiment religieux qui
l'entraîna à rechercher autre chose au delà des intérêts de fortune. '
Ce fut aussi lui, sans doute, qui lui faisait faire d'abondantes au-
mônes aux pauvres. On dit que souvent la religion n'ôte pas les
défauts, et c'est très vrai, mais il est rare qu'à côté d'eux elle ne
place pas des qualités qui n'y eussent pas été sans elle.
*
On ne sera peut-être pas fort étonné que, ces derniers temps,
Poncet n'eût plus été jugé digne par le suffrage universel de Jas-
sans de faire partie du conseil municipal. Ce n'était cependant
pas un aristocrate ! Il était bien déjà de ce qu'on pouvait nommer
les « nouvelles couches ». Mais cela ne suffisait pas. Les intérêts
politiques de premier ordre qui sont suspendus aux élections de
Jassans le devaient faire écarter. En y réfléchissant de près, il
m'est réellement impossible de trouver que la politique ait une
influence morale préférable à celle de la simple religion.
Il est mort à soixante-quatorze ans.
PUITSPELU.