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SOCIÉTÉS SAVANTES 155 M. Cauvet pense que le tatouage des femmes algériennes est un totem de tribu. M. Arloing demande si cet usage ne procéderait pas de la même idée qui préside au tatouage des chevaux en Algérie. M. Lacassagne répond qu'en Algérie on tatoue, en effet, non seulement les chevaux de race les plus estimés, mais aussi les slongis, ou chiens de race des grandes tentes ; mais il n'a pas remarqué qu'il y eût une marque particulière à certaines tribus, c'est une opération qui paraît livrée au goût et à la fantaisie du propriétaire de l'animal. M, Cornevin résume une étude très intéressante sur la coïncidence de l'usage du bronze et de la domestication du cheval dans les temps préhistoriques. Les peuples qui n'ont pas d'âge du bronze n'ont pas connu le cheval à l'état domestique. Le cheval doit être originaire du sud de l'Inde, très probablement de la pres- qu'île de Malacca. M. Cornevin en trouve la preuve dans le Rig-Véda où il est question, tantôt de la richesse des Dasyons en chevaux, vaches, riches vête- ments, etc., tantôt de leur habileté à conduire les chars. Quelquefois des hymnes entiers sont consacrés à supplier les dieux ,de mettre entre les mains des Argas les chevaux et autres richesses des Dasyons. Dans leurs migrations, les Aryas ont certainement amené le cheval domestique en Occident, comme ils y ont apporté le bronze. Leur route est marquée d'une façon très nette dans le nord de l'Asie Mineure. L'ancien mythe grec de la création du cheval donné à Athènes par Neptune (Poséidon), indique que cet animal est venu en Grèce par mer, et, vu l'état rudimentaire de la navigation, il ne peut être venu que de l'Asie Mineure. Au sud de l'Asie Mineure, dans la Palestine, la Chaldée, l'Egypte, on ne trouve pas d'âge du bronze, et il est bien prouvé que les peuples de ces contrées ne connurent le cheval que bien longtemps après l'époque historique. Plusieurs membres demandent la parole au sujet de la communication de M. Cornevin. Vu l'heure avancée, M. le président consulte la Société pour savoir si la discussion aura lieu immédiatement. La discussion sur le travail de M. Cor- nevin est renvoyée à la prochaine séance. La séance est levée à 5 heures. Conférence publique. — 27 janvier. — L'homme criminel comparé à l'homme primitif et la criminalité en France, par M le docteur Lacassagne. SOCIÉTÉ D'AGRICULTURE, HISTOIRE NATURELLE, SCIENCES ET ARTS UTILES DE LYON. — Séance du 11 novembre 1881. —• Séance d'affaires. Après quelques mots sur le Congre.? des géologues tenu cet été à Boulogne, M. Cornevin lit une lettre sur la race charolaise et montre son envahissement incessant dans notre région. C'est la meilleure argumentation que l'on puisse donner en faveur de cette race, puisque chaque jour elle tend de plus en plus à suppléer les an- ciennes races locales ou à prédominer sur l'intronisation des races étrangères. Et cependant, sur le marché de Lyon, elle rencontre la redoutable concurrence des bestiaux italiens qui ne reculent point devant la distance qu'ils ont à franchir