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152                      LA R E V U E LYONNAISE
lune autour du soleil; 3° les apparences de la sphère étoilée. M. le Président,
après avoir rappelé que ces appareils ont figuré à la dernière exposition géogra-
phique et qu'ils y ont été honorés d'une médaille en vermeil, exprime le vœu
qu'ils soient adoptés dans les écoles de la ville.
   Séance du 22 décembre 1882. — M. Domeck, rapporteur de la Commission
pour le prix Richard, expose pour quelles raisons les Commissaires ont été ame-
nés à proposer les résolutions suivantes :
   1° Le prix Richard sera désormais triennal et se composera d'une somme de
300 francs représentée par un livret de la Caisse d'épargne ou par un titre de
rentes sur l'État.
   2° Ce prix sera accordé indistinctement au sous-maître ou à la sous-maîtresse
d'un établissement libre laïque, primaire ou secondaire, qui sera resté attaché
au moins trois ans à la même maison, à la satisfaction du chef de maison.
   3° Le prix sera décerné, s'il y a lieu, dès l'année 1882.
   Ces propositions sont adoptées.
   M. Nolot, secrétaire des séances, lit une pièce de vers envoyée par M. Louis
Bonnel, membre correspondant : Mes filles.
   M. Verney reçoit la parole pour lire quelques pages de réflexions philoso-
phiques sur la bonne volonté et la science, et sur leur rôle respectif dans la des-
tinée humaine. Après avoir constaté que notre siècle a réellement ouvert la voie
aux plus grandes découvertes scientifiques, il se demande si les savants contem-
porains ne se trompent pas, eu présentant le savoir comme le dernier mot de
tout ce qui est bon et beau. L'ignorance peut-elle être regardée comme la cause
de tout le mal dont souffrent les sociétés actuelles et la science comme une pa-
nacée universelle? Doit-on retourner le vieil adage chrétien et s'écrier sincère-
ment: « Cherchez d'abord la science, le reste vous sera donné par surcroît?»
 L'auteur estime que le problème de la destinée humaine est plus complexe que ne
 pensent les savants dans l'indépendance de leurs jugements, et qu'il y a un
 élément important qu'ils négligent, c'est celui que Kant a désigné par ces mots
 « la bonne volonté ».
   La science ne peut pas, comme elle le prétend, suffire à réaliser le bonheur de
l'homme sur la terre. Tout ce qu'elle obtient, c'est de le rendre de moins en
moins malheureux, en le rendant de plus en plus insensible. Le seul bonheur
conciliable avec la science est un bonheur négatif, abstrait, une sorte d'apathie
épicurienne ou d'ataraxie stoïcienne. On ne voit pas la différence qu'il y aurait
entre cet état, s'il était réalisable, et la non-existence pure. Aussi ne faut-il pas
s'étonner que des personnes, plus partisans de la logique que du sens commun,
en soient venues à assigner le néant comme dernier terme du développement de
l'humanité et de l'individu.
   Au lieu de cette doctrine, qui n'est pas seulement désolante, mais absurde, et
qui est la conclusion légitime d'une science s'erigeant en souveraine du monde
physique et moral, si nous nous éclairons aux lumières de « la bonne volonté »,
nous voyons que les sociétés actuelles sont provisoires, que, bien loin d'aller vers