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138 LA REVUE LYONNAISE
illusoire pour un grand nombre de ". propriétaires. Ils crurent
d'abord jouir paisiblement du privilège qui leur avait été solen-
nellement accordé. Mais, vers 1856 ou environ, vint à Lyon un
nouveau contrôleur des contributions qui eut l'bonneur d'inventer
un moyen d'appliquer l'impôt, en dépit de toutes les exemptions
promises. La plupart des terrains du quartier, avant d'être recou-
verts de maisons véritables, avaient eu des fenils, des hangars, des
écuries, dont on retrouvait trace au plan du cadastre. Le contrô-
leur imagina de considérer ces constructions provisoires comme
celles auxquelles s'appliquait l'exemption. C'était fort inique, mais
il est peut-être inutile d'ajouter que cette opinion trouva gain de
cause devant le Conseil de préfecture et le Conseil d'Etat, et que le
contrôleur reçut de l'avancement.
Il faut avouer, du reste, en ce qui concerne la rue delà Bourse,
que l'interprétation du texte de la loi du 22 juin 1854 ne souffrait
pas d'ambiguïté : « Seront exemptées... les maisons qui seront
élevées, dans un délai de quatre ans, sur les terrains acquis et
revendus par la ville pour l'établissement de la rue Impériale et
de la place Impériale. »
On voit qu'il n'était question que.de la rue Impériale et dé la
place Impériale proprement dites ; mais il est probable que, dans la
hâte de conclure, les acquéreurs des terrains de la rue de la Bourse
ne prirent pas le temps de recourir au texte de la loi.
On se demande, en effet, comment, achetant en 1858, les con-
structeurs auraient pu espérer d'avoir terminé leurs constructions
le 22 juin de la même année, époque à laquelle expirait' le délai fixé
pour l'exemption de l'impôt ?
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La Compagnie de la rue de la Bourse éprouva donc d'abord ce
grave mécompte de ne pouvoir jouir de l'immunité sur laquelle elle
avait compté, et peut-être en vue de laquelle elle s'était décidée Ã
élever son offre.
Les bâtiments furent construits avec soin sous la direction
d-Echernier et les façades ont le caractère approprié à l'importance
de la rue. On bâtit des maisons extrêmement petites, car on en