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                        LE SALON LYONNAIS                             87
   vrerie, et une énergie sans dureté. Sa composition est toujours
   élégante : elle, sait l'art dégrouper ses personnages avec adresse
   et de mettre, dans les scènes qu'elle nous montre, beaucoup d'es-
   prit et de finesse.. Son coloris est plein de distinction, son dessin
   toujours correct, et elle n'expose une toile que si elle est com-
   plètement achevée. Les Friandises au Couvent ont leur place
  tout indiquée dans nos salons, trop petits pour les grandes œuvres,
  mais suffisants pour les sujets gracieux et souriants:
     L'an passé, Mlle Kock avait envoyé le portrait d'une petite fille,
  en robe rouge, se détachant sur une draperie de même teinte, avec
  une certaine vigueur. On pourrait applaudir à l'artiste et l'encou-
  rager dans un système qui a donné à Carolus Duran quelques-uns
  de ses triomphes. Mais Mlle Kock n'a pas persévéré, et ses deux
  toiles sont d'une honnête médiocrité. Cette peinture est correcte
  mais parfaitement froide. Rien n'est cherché, ni dans l'expression,
  ni dans la couleur : c'est un bon tableau d'élève. Mlle Kock avait
  habitué à plus d'originalité le public qui lui a toujours été très sym-
  pathique.
   . J'en dirai autant de M. Sicard dont l'essai est malheureux ;
 ce cheval est péniblement construit, cet uniforme est d'un effet
 douteux : placé entre le tableau de genre et le portrait, M. Sicard
 n'a fait ni l'un ni l'autre. Je constate à regret cette défaillance que
 M. Sicard est Somme à bientôt effacer.
     On peut entreprendre un portrait suivant deux formules : les uns
 font une œuvre consciencieuse et banale, garantissent la ressem-
 blance et livrent un tableau intéressant comme un souvenir de
 famille. Les autres, sans négliger l'exactitude des contours, déro-
 beront à leur modèle la force et l'expression de son regard : ils ne
 signeront qu'une œuvre vivante et vraiment artistique. M. Mazeran
 suit le premier de ses systèmes, et il n'y a rien à dire de ses pro-
ductions. M. Hirsch a préféré la seconde formule, et il nous a envoyé
le meilleur portrait de nôtre Salon. Son tableau est indépendant de
son modèle. On peut ne pas connaître l'homme e' admirer cette tête
si expressive, ce dessin si pur, cette draperie si exacte. Donner de
l'intérêt à une redingote noire, c'est un tour de force : M. Hirsch
l'a exécuté. L'élève d'Hippolyte Flandrin est un idéaliste, ce qui
explique son succès et mes félicitations.