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206 LA R E V U E LYONNAISE être cru sur parole. Nous l'avons vu à l'oeuvre et savons le soin qu'il y a apporté ot la science dont il a l'heureux don : Espérons aussi que ce beau livre se ren- contrera dans toutes les écoles et qu'enfin nos enfants sauront, au moins, comme ceux de l'Allemagne, l'histoire t'tla géographie de leur village!! XX. LA. VIE A CIEL OUVERT, par MARC PESsoMîœâCx. — Nouvelle édition illustrée d'après les peintures de l'auteur photogravées par Silvestre. — Paris, E. Dentu, libraire-éditeur, 18i'i. — Un vol. in-48. — Prix 3 fr. 50. Dans son poème La Vie à ciel ouvert, M. Marc Pessonneaux s'adresse aux sentiments les plus purs et les plus élevés de l'âme humaine: la foi, l'amour filial, voilà ses inspirateurs. Son héros, Gaston, conserve à travers toutes les péripéties de son existence aventureuse le souvenir d'une mère adorée et trop tôt enlevée à son affection. Ces nobles pensées ont inspiré à l'auteur des vers touchants. Le ton de son récit est simple, familier, tel qu'il convient à l'épopée intime. La versification est en général agréable et coulante. On en pourra juger par les deux courts extraits qui suivent : Oh! venez, ouragans, et toi, passant sublime, Eclair, descends des cieux et pénètre l'abîme ! Hurlez, voix des torrents, foudres de l'horizon, Roulez vos grand accords sur cette humble maison ! Oh! quand on est blotti dans le sein l'un de l'autre, Quand deux cœurs ont un chant qui domine le vôtre, Quand deux êlres amis sur un seuil, en rêvant, Se sont creusé dans l'âme un sépulcre vivant; Quand leurs bras, dans les nœuds d'une double clôture, Se fonl pour lui collier, et pour elle ceinture; Quand tous deux, abîmés au fond de leurs amours, Savent rêver, prier, et sourire toujours;' Quand, descendant sur eux, une extase commune Fond deux êtres en un et deux âmes en une; Sur ces fronts réunis, sur ces cœurs enlacés, Passez, foudres, torrents et tempêtes, passez! N'y a-t-il par là comme une réminiscence des vers adorables de Tibulle: Quam juvat immites ventos audire cubantem, Et dominam tenero continuisse sinu, mais avec le cachet et le souffle chrétien en plus? Voici ailleurs un petit tableau de genre qui est charmant : Pourtant dans ces rumeurs et ces éclals de voix, De pots entrechoqués et de refrains grivois, Une jeune servante alerte, accorte et vive, Va, court, se trémoussant, de convive en convive, Et passe dans ces chants hurlés à plein gosier, Gomme une salamandre au milieu d'un brasier. Bientôt la grosse fille, aux manches retroussées, Vient auprès de Gaston mettre entre deux poussées Le verre et le vieux broc où de topaze et d'or Le gros cidre normand tremble et pétille encor. \