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                                    FELIBRIGE                                       50i

         D'un cop de testa l'espandis,               en envoie une paire du revers
                                                     — et puis après, dans la foret
      Mai, dins loutem que barrula e jingoula,       il s'enfuit, et le troupeau après.
         l'en manda un parel dau revès,              — Même, si rien n'arrêtait leurs
                                                     élans, — ils seraient bientôt en
      Endaca, pioi, dins lou dcves trascoula         liberté, malheusement les ber-
         E lou ti-oupèl après.                       gersetles chiens, d'une course,
                                                     les ont entourés, — é t a l i o n s ,
      Amai se res ié coupava sa môuta                les coups de trique et les coups
         En libèrtat ben îeu sarié.                  dents, — sur les coupables et
      Per soun malur pastralia e chinarié,           sur les innocents. — Hélas !
                                                     hélas! que de côtes meurtries!
      D'una escourida an fach la voûta,              — que de peaux déchirées! —
E zou, lous cops de trica, e zou, lous cops de dens, quels hurlements! — Cepen-
                                                      dant, à force de frapper, de
      Sus lou coupable e sus lous inoucens.           mordre, de crier, — comme
      Ai ! ai ! que de costas macadas !               par le passé, le troupeau, en
                                                      entier, — retourna dans l'or-
            Que de pèls machugadas!                   dre, — avec cette différence
      Quanta bramadissa ! Pa-men,                     que le cornu n'est plus dans
A força de brama, de ba^ela, de mordre,               les primadiers, 30— ilest dans
                                                      les couassiers, 31 — Glopinan,
Couma per tem passât, lou troupèl en emplen           la tête basse, roué de coups;
            Eetorna mai dins l'ordre;                 suivait avec peine, penaud,
                                                      effrayé,car revenantsaus cesse
Emb'aiço de nouvel que dins lous primadiés            sur le même objet; — le chef
Lou banut i' es pas pus, es ern' lous couassies,      à chaque pas le menace du
                                                      poing, l'écume aux lèvres et
             Panardejan, la testa bassa,              les yeux hagards : — Oh petit
Amalugat de cops, seguis penequejan,                  garnement! lui dit-il, va, tu
                                                      me le payeras.
Mouquet, espaurugat, car, toujour refoujan,
                                                          Maintenant tu as beau faire
Lou baile, à chaca pas de soun poun lou menaça; la Chatte-mite, quand tu se-
       La gruma as pots e lous iols degaras :          rais infiniment sage, il tiendra
                                                       sa parole. — Manquer, heur-
— A! rascassot! ieven,bota, m'ou pagaras.              ter le chien, tu le lui payeras,
       Ara, amai fagues cata-miaula,                   et bientôt. — Eh bien ! Ou est
                                                      le temps que tu voyais tout
Quand sariès mai que brave, el te tendra paraula:      beau. — Comme le malheur
Fautàî douida lou chin ! i'ou pagaras e léu :         nous corrige,— maintenant;
A paure, ount'es lou tém qu'où vesiès tout en bèn,     dans l'avenir tout est laid,
                                                       tout est noir; — Que m'est*il
       Goussi lou malur nous coureja !                 réservé ï dit-il, des coups en-
Ara, dins l'aveni, tout es lai, tout negreja :         core, non, puis il frémit, — du
                                                       temps passé il lui vient une
       — Deque serva pèr ièu? Sous-dis :               lueur, — ce à quoi, étant dans
— De cops, mai? Noun ? pioi, trementis ;               les faveurs, — il ne fesait au-
                                                       cun cas, quoiqu'il en eut un
Dau tem passa ié vèn una lusida,                       pressentiment. Tantôt il croit
       Quicon, qu'esten dins la favou                  voir un marchand — avec
 Nounfasié cas, amai n'ajèsse la sentida.              gros chien, long bâton, grande
                                                       blouse tout cousu de louis d'or,
        Goura créi veire un taucadou,                  — dans le troupeau il va, vient,
 Embe chinas, long bastoun, granda bloda,              palpe, touche, rode, — mar-
                                                        chande, tombe d'accord; —
        Tout courdura de louvis-d'or ;                 puis, quand il a frappé dans sa
 P è r iou troupel vai, ven, paupeja, toca, roda;       main, — qu'il a vidé sa longue
                                                       bourse, — il s'en va emmenant
        Marcandeja, tomba d*acord,                      des parties, — ou d'agneaux
        Pioi, quand a douna la paumada,                 ou de moulons,— Où vont-ils?
                                                        qui le sainpuisque aucun n'en
        Qu'a bouida sa longa boussada,                  revient ; — il lui vient encore
        S'en vai en menan d'escachouns,                 d'autres pensées : — Qu'est-ce
        Ou d'agnelets ou de moutouns ;                  que ces peaux1? à qui sont ces
                                                        peaux d'agneaux — dont il y
 A nounte van ? eau sap, pioi que jes n'en revenoun : a de pleines barres â l'éten-
        Mai, d'autres pensamens ie venoun :             djir, — que les marchands,
                                                        avec leurs charrettes, — vien-
                                                                                  -
 — Dequ'es aquelas pels? de quau soun lous pelouns