Pour une meilleure navigation sur le site, activez javascript.
[ Revenir aux résultats de la recherche ]
page suivante »
330                  LA REVUE       LYONNAISE
des charges et des facéties en dehors de leurs ouvrages empreints,
au contraire, du sentimentalisme de l'époque. Les curieux recueils
d'autographes de M. Alexis Rousset contiennent plusieurs lettres
charmantes et des croquis fantaisistes de cet excellent artiste.
   M. DUCLADX appartient à la même phalange. C'était un très
habile dessinateur, mais peu coloriste. Il excellait dans les animaux
et l'on admire au Musée sa Lutte de deux taureaux. Sa Halte
d'artistes lyonnais à l'île Barbe est précieuse pour nous ; elle
nous retrace un site renommé de nos environs, avant qu'il ne fût
altéré par de modernes constructions et par la décrépitude de ses
ombrages. Mieux encore, il nous donne les portraits de peintres
en renom, avec le costume exact de leur temps, costume qui nous
semble peut-être ridicule, comme le nôtre le sera dans quelques
années ; M. Duclaux,avec son instinct d'artiste, a su en tirer parti
sans tomber dans la caricature. Quant à son paysage, le ton général
en est froid et manque d'effet. Les artistes représentés sont les élèves
de Revoil : Bonnefond, Genocl, Trimolet, Thierriat, Jacomin,
Rey, Reverchon, Legendre Herald, et je crois aussi Renaud de
 Vilbac. Nous avons parlé des deux premiers, quelques mots sur
les autres.
   M. TRIMOLET était un type des plus originaux de Lyon. A son
talent de peintre il joignait de profondes connaissances en fait d'art
et, sous un extérieur grave et mélancolique se cachait un esprit
fin, caustique avec bonhomie, un talent singulier pour la charge à
la façon lyonnaise, faisant rire ceux qui la comprennent, avec une
apparence très sérieuse. Il dut sa réputation surtout aux portraits,
et le meilleur fut le sien; il n'est pas au Musée, mais nous pour-
rons y admirer l'Intérieur de l'atelier de M. Eynard, véritable
tour de force comme fini précieux dans les détails et comme entente
du clair-obscur. Sa sœur, Mme Petit-Jean, a également un inté-
rieur d'une bonne composition et d'un coloris exact, le Premier
exploit d'un chasseur; la scène n'est pas d'un ordre très élevé,
c'était la mode, en 1827, de s'attarder dans ce milieu de la vie
bourgeoise.
   M. Thierriat fut un de nos bons peintres de fleurs. Nous en
parlerons plus tard.
   M. Jacomin, dans son tableau de la Bonne mère, est encore plus