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160 LA R E V U E LYONNAISE
auteur, morceaux remarquables légués par lui à la bibliothèque de
l'Académie '.
« Le fondateur de l'école publique et gratuite de dessin avait
senti, dit son biographe, Féchevin-académicien Deschamps, dans
la notice élégante et nourrie qu'il lui a consacrée, que pour main-
tenir la prospérité de nos manufactures, il ne suffit pas de l'indus-
trie qui imagine, de l'infatigable activité qui exécute, du génie
particulier d'un peuple doux, sobre, patient, qui opère des prodiges
comme par instinct, qui semble n'avoir d'idées et d'organes que
pour les appliquer à son art, et qui ne demande que du pain et du
travail : si c'est à ces qualités que nous devons en ce moment de
soutenir une concurrence pénible avec d'autres villes ou d'autres
nations, ce ne sont point elles qui rendraient alors tous les peuples
tributaires de notre industrie et qui les ramèneront exclusivement
à nous, lorsqu'un luxe plus noble sera réparti dans les cours. C'est
le goût qui doit distinguer les productions de nos manufactures. Ce
n'est point assez pour elles de vêtir l'Europe, elles doivent la parer. »
«Emules delà nature, créer et varier comme elles, et lui ressem-
bler toujours; voilà ce qui doit exciter, satisfaire et faire renaître
sans cesse les désirs et les besoins de nos voisins et de nos
rivaux. »
Former, épurer le goût indispensable au maintien de la préémi-
nence d'une Industrie d'art telle que celle que l'on appelait à Lyon,
au siècle dernier, la Grande Fabrique, celle des étoffes de soie,
tel est le but des écoles publiques de dessin.
A la fin du dix-septième siècle, deux grands artistes lyonnais,
le peintre de la ville, Thomas Blanchet, et le sculpteur Coysevox,
tentèrent d'ouvrir une école de dessin. Ils demandèrent et obtin-
l Dans ce même voyage, M. Dattignat, compagnon de l'abbé, acheta un superbe
groupe de Diane et Endymion, dans l'atelier de Slodtz : il l'a sans doute rapporté Ã
Lyon. Qui sait ce que cette oeuvre d'art est devenue ?
Michel Ange Slodtz, parisien (1705-1764), résida dix-sept ans à Rome, où il acquit
une très grande réputation. Il est l'auteur de la statue de Saint-Bruno, refusant la
mitre que lui apporte un ange, l'une des plus belles parmi les statues qui ornent
Saint-Pierre de Rome. Dans l'église de Saint-Jean-des-Florentins, il exécuta le mau-
solée du marquis Capponi, chef-d'œuvre de grâce, d'élégance et de pureté, et dans
celle de Saint-Louis-des-Français, il fit le bas-relief et le buste de Wleugels, direc-
teur.dë l'académie de France à Rome. Ce sculpteur compte parmi les premiers
artistes de son époque.