page suivante »
LE S A L L O N D E S A R T S A L Y O N , EN 1 7 8 6 161
rentenl676, appuyés par Le Brun, l'autorisation royale, mais
l'école ne s'ouvrit pas, et resta en projet1.
Après douze ans d'existence et de progrès, cet établissement fut
détruit par l'incendie en 1763. Sept ans plus tard, grâce aux sol-
licitations du grand obéancier de Saint-Just, l'école renaissait de
ses cendres avec le titre d'Ecole royale, s'installait, en 1770, dans
l'hôtel de ville, et y prospérait de nouveau sous les yeux du Con-
sulat, et « par le zèle des premiers citoyens dont le goût éclairé y
maintient l'émulation ». Le 28 août 1786, cette école eut sa dis-
tribution de prix. Un jeune homme de dix-sept ans obtint le pre-
mier prix de dessin et sculpture, il s'appelait Pasquier et son
portrait figura à l'exposition du Sallon des Arts (n° 52). M. La
Thélise remporta le prix de la fleur, M. Perrachon celui de l'or-
nement. Enfin un simple maître-maçon nommé Détour obtint le'prix
de géométrie pratique, cours habilement professé par M. de Villers.
Le célèbre sculpteur Chinard fut le plus brillant fleuron de la
couronne d'artistes que forma l'enseignement de cette école. Rap-
pelons ici que l'abbé La Croix fut « l'inventeur » de Soufflot qu'il
avait connu lors de son voyage à Rome, qu'il l'arrêta à Lyon à son
retour d'Italie, et engagea son frère le conseiller La Croix de Laval
à confier à l'habile architecte la direction des travaux de l'hôtel
qu'il fit élever sur le rempart, « l'une des constructions particu-
lières les mieux entendues de cette ville2. » Une fois cette preuve
donnée de son savoir-faire, Soufflot fut successivement appelé, pen-
dant le long séjour qu'il fit à Lyon, à construire le grand monu-
ment de l'Hôtel-Dieu, la belle salle de spectacle que remplaça
le Grand-Théâtre actuel, la Loge des Changes, aujourd'hui Eglise
réformée, la campagne de la Jolivette, à la famille DeRiaz, etc.
Nous retrouverons dans le catalogue le portrait et le buste de
l'abbé La Croix, grand obéancier de Saint-Just, exposé par deux
artistes différents.
> Il est à regretter que M. Natalis Rondot, dans son magistral rapport sur la créa-
tion à Lyon du Musée d'Art et d'Industrie, en signalant la tentative infructueuse des
doux artistes du dix-septième siècle, ait omis de rendre à l'Ecole fondée par l'abbé
La Croix et ses coopérateurs lyonnais, l'hommage qu'elle méritait.
2
Acluellement rue de la Charité, 30, c^t hôtel appartient toujours à la famille de
Lacroix-Laval.
AOÛT 1883. — T. VI. ' H